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Water Drop [with Dreiden]

Sam 28 Sep - 9:10


Trois...

Agenouillé sous un des rebords du toit du Théâtre Traditionnel Oshika Seiiki, Takumi attend. Uniquement éclairé par la lune, il observe la rue qui longe le théâtre. La pluie coule, dégouline, se répand et s’étend. Une goutte d’eau a si peu de pouvoir, minuscule, infime, presque innocente... Mais une fois que ses sœurs se mêlent à elle... cascades, torrents et tsunamis prennent vie. Takumi respire, l'odeur de la pluie le rend fou. Elle le prend aux tripes, sa légèreté et son omniprésence la rendent discrète et envahissante. Il ouvre sa main, déjà glacé jusqu’aux os, la pluie sur sa paume le fait trembler. Fasciné il se laisse submerger. Mort de froid sous la pluie, peut-être serait-ce la plus belle des morts pour lui ? Il regarde une nouvelle fois en contrebas. Ils ne devraient plus tarder maintenant, les applaudissements et les rappels sont terminés. La foule se déversent sur les trottoirs, l’humeur est légère, des cris de joie remontent jusqu’à lui. Takumi est désemparé, ce soir il se sent comme une goutte, seul et isolé. Le petit garçon abandonné, qui depuis son ombre observe les autres familles rire et s’amuser. Pourtant Vox en lui donnant sa mission ce soir lui a assuré qu’il faisait partie d’un grand Tout : en tuant il est le torrent. Takumi retire sa main de sous la pluie et la presse contre son cœur, espérant un peu de chaleur. Oui. Oui Takumi sait tout ce que Vox lui a donné. Il sait qu’il leur doit tout, sa nouvelle vie, son nouvel éveil, sa deuxième chance… Mais ce soir, cette mission le déstabilise, il n’a pas envie de la faire. Alors il pleure et prie Vox, se balançant d’avant en arrière. Mais ni réconfort, ni chaleur n’apparaissent. De tout son cœur, Takumi veut un ami. Ah ah. Un rire désenchanté lui échappe. Le petit tueur veut un ami… En contrebas ils les voient approcher. Il sort son masque, smiley jaune souriant, si grotesque et extravagant. Il l’enfile et se méprise. Non, Takumi ne mérite pas d’avoir d’ami.

Deux…

Il saute de corniche en corniche puis se retrouve juste au dessus de cette ruelle sombre et silencieuse. Il s’élance jambes souples et genoux pliés, les bras écartés pour amortir et équilibrer sa chute. Il atterrit juste devant son public, en s'agenouillant doucement. Il n’a que quelques secondes, seul l’effet de surprise compte. Il inspire et se redresse. Des cris de surprise sont poussés. Sa tête encore penchée, sous sa capuche il entend la pluie tomber. Son bras droit se dirige vers son dos. Il expire, sa main touche la cross de son arme, gentiment glissée à l'arrière de son pantalon. Des mains se lèvent, complaintes, prières, comme pour lui demander d'arrêter ce qu'il a déjà commencé. Mais Takumi n’entend rien, il se concentre sur le bruit de la pluie. Si il les écoute il n’arrivera pas à le faire. Il inspire, attrape fermement son arme et la braque sur les visages apeurés. Ils crient, ils pleurent, ils implorent. Peu importe, ce n'est pas Takumi qui les a choisit, c'est Vox. Il redresse la tête. La pluie dégouline sur son masque. Cette odeur est si belle et si forte, il en arrive à oublier qu’il s’apprêtent à tuer. Il est soudain pris d'un frisson d'excitation, bientôt à l'odeur de la pluie, se mêlera celle du sang. Un rire lui échappe, Oh oui, maintenant il a hâte. Le bras tendu, Il vise la tête de l'homme. Son rire gonfle, les pleurs augmentent. Son masque de smiley souriant à désormais une voix tonitruante. Il tire et expire. La cervelle de l'homme éclabousse le visage de la femme en pleurs. Elle hurle de terreur. Takumi arrête de rire. Ses cris perturbent la sérénité de sa scène. Cette pluie, ce rouge qui s'écoule, tout est fait pour apprécier ses secondes qui défilent et ne font que nous échapper. La femme se jette à terre et attrape le cadavre, le secouant dans tous les sens, comme si cette agitation était un remède contre la mort. Takumi tremble, il commence à défaillir. Vite, vite, vite. Si il veut finir sa mission il ne faut pas qu’il commence à penser. Il inspire et renifle, l’odeur du sang le tranquillise. Plein de souffrance et de peine, il sent qu’il veut pleurer. Il regarde la femme. Sait-elle seulement ce que ça fait ? Vouloir mourir et attendre en vain, que sa vie s'éteigne enfin ? Il lève une nouvelle fois son bras. La femme, paniquée, lâche le cadavre et se positionne devant son enfant. Un enfant ? Quoi ? Il y a un enfant ? Trop tard, Takumi a déjà appuyé sur la gâchette, le coup lui échappe, il tire et expire. L’enfant pétrifié n'a même pas encore bougé. La femme tombe lourdement à terre, une balle dans la tête. Dans la panique l’enfant a agrippé le collier de perles de sa mère. Lorsque le cadavre est tombé, celui-ci s’est cassé et éparpillé sur le sol trempé. L’enfant tombe à genoux, sans pleurs, le visage tordu par la douleur. Il regarde Takumi, un cri de rage inhumain lui déchire les entrailles. Takumi tremble, il recule, trébuche, baisse son bras. Il est assaillit de souvenir de Vox lui décrivant sa mission, on lui a fait promettre d’en tuer trois. Trois, dont l’enfant ?… Takumi attrape sa tête. Il ne peut pas, il a envie de vomir, il recule et se tourne, s’enfuyant sous les cris stridents de l’enfant.

Un...

Takumi s’enfuit. Au bout de la ruelle, à l’abri du regard de l’enfant il escalade une nouvelle fois le théâtre. Là haut, sous le rebord du toit, il arrache son masque. Il ne peut pas. Takumi ne PEUT pas. Tuer des enfants il ne l'a jamais fait, bien trop lâche, bien trop dans la culpabilité. Les larmes montent, il avait un si mauvais pressentiment pour cette soirée. Certaines fois il aimerait tout arrêter. Ne pas tuer pour Vox, ne pas détruire la vie. Après tout il y a une seule vie qu'il veut détruire, et c'est la sienne. Takumi a les mains qui tremblent de plus en plus. Oh non un épisode… il doit se calmer. Il doit s’occuper l’esprit et faire comme si il ne s’était rien passé. Il attrape son sac soigneusement caché, enlève ses habits trempés et met un costume trois pièces que Vox lui a prêté. Un peu trop grand, mais seyant. Il enfile ses souliers cirés. Il range son arme et son masque dans le sac. Un peu de parfum pour cacher l’odeur de la transpiration et du sang. Il prend son sac et descend de l’autre côté du théâtre. Rapidement il se retrouve dans la file qui attend pour la deuxième représentation du soir. Les sirènes des voitures de police sifflent, des cris de peur, l’agitation se fait sentir. L’équipe du théâtre accélère les entrées, avec un tueur en liberté, ils veulent protéger leur public adoré. Takumi pose son sac au vestiaire et donne son billet à l’entrée. Effrayant de facilité. Les portes sont refermées, le public est protégé. La police promet de ne laisser sortir le public qu’une fois qu’ils se seront assurés qu’ils seront en sécurité. Takumi pouffe de rire, son sang se met à bouillonner. Vox avait tout vu, tout prédit. Tout c’est exactement passé comme dans ses écrits. Sauf… l’enfant. Takumi, disparaît, il veut aller s’isoler à l’abri des regards, il en a besoin. Devant les toilettes, il y a la queue. Comme d’habitude, on le bouscule, on le double, on lui rit au nez. Les tremblements s’intensifient, Takumi doit s’isoler maintenant. Il sort de la queue, arpente les couloirs. Il se tient au mur, ses jambes commencent à le lâcher. Vite. Il trouve un débarras. Il ouvre brusquement la porte et la referme. Sans rien pour s’ouvrir les veines ou se brûler, Takumi se sent désemparé. Il se laisse glisser à terre et se recroqueville. Il commence à se balancer d’avant en arrière, le cri de l’enfant résonnant encore dans ses oreilles.

Takumi Fujita

Takumi Fujita
Sam 28 Sep - 14:17
ils disaient qu’il y aurait deux pièces fabuleuses ce soir. j’en voyais trois. cette troisième était la représentation même du chaos, ma préférée. court takumi, de toits en toits. fil à travers l’air comme s’il n’y avait que ça qui puisse t’effleurer, et suit ta voie. in fine, on a tous nos yokai. le tien ce symbolise par cet emoji sourire. une connotation intéressante. bien plus que le sens du message - chaplet qu’on réservera à la bible d’hisho ; tu es celui qui peut en changer son interprétation, par extension changée l’interprétation de la vie. celui qui a en lui l’art de la manipulation moderne en passant par ce signal émotionnel dans le monde réel qui, cela étant, ne correspond pas forcément à ta véritable personnalité. celui qui a préféré une symbolique iconique pour marquer les esprits. mes lèvres s’entr’ouvres à peine au premier coup de feu. mes doigts agrippe le bout de la manche de mon sweet large. ce type était complètement instable. mon coude s’appuie aux creux de ma jambe croisé sous sa compagne. le bout de mes doigts se dépose délicatement contre ma pomette alors que mon menton vient se loger à ma paume. observateur. seulement mes pupilles traçaient le japonais, cette deuxième balle qui s’offre à la mère d’un enfant épargné. ce qui pouvait être différenciant entre vox et the dawn c’était bien la mort. j’étais fermement opposé à ça. mon cœur avait raté un battement en imaginant le petit joncher les pavés à quelques pas de ses parents, sauf que ça n’arrivera pas, du moins pas ce soir. takumi s’était éclipsé aux hauteurs pour redescendre au théâtre, poursuivre le cours de la vie. il entre. je me relève, agite mes mains pour évacuer l’anxiété du sevrage et des images dont je venais d'être spectateur. mon regard ne savait pas vraiment où regarder. je descends du rooftop par des escaliers extérieur contre le pan de mur des appartements. mes pas accélèrent. je brave la foule sans ticket. je veux absolument le rattraper. une vans après l’autre. mon regard s’élève à la porte qui vient de se claquer. j’exhale en déposant ma tempe contre le pan du mur. un sourire s’imisce au coin de mes lèvres. réalisant que nous n’avions jamais été aussi proche lui et moi. nous allions enfin nous rencontrer, lui qui était partie trop vite de the dawn. mon poignet remonte à mes narines. je renifle par manque. j’observe le fond du couloir, le plafond, la poignet et m’en rapproche. ma main s’y appose.
la porte s’ouvre doucement. j’observe le corps balancé de takumi, referme après moi. je viens à son niveau en me mettant accroupi. je reste là. pour un bon moment. il se balance, d’avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière. un poignet apposé sur mon genou gauche. l’autre supporte mon menton, le coude au genou droit. mes traits n’étaient pas expressifs. il n’y avait que mes pupilles ancrés à son visage. arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, avant, arrière, puis avant. mon nez s’immisce sous le sien, le force à reculer son visage jusqu’à ce que sa propre nuque se dépose contre le mur.

c’est ok de ne pas être accepté par le reste, ce que tu fais est partie intégrante de toi. c’est normal de se sentir désemparer, ces personnes ne réalisent pas l’impact que ça peut avoir sur nous. well, à vrai parlé, ça n’a pas de putain d’importance. j’ai une marque de fringue streetwear. j’ai besoin de toi comme ambassadeur. je veux dire, c’est ok pour toi?



drugs
@morden

Morgan Marshall

Morgan Marshall
Dim 29 Sep - 0:05
Le balancement de son corps... avant, arrière, avant, arrière… c’est un rythme qui aurait du l’apaiser. Takumi se sent sombrer. Il n’arrive pas à retrouver l’équilibre. Il n’a pas réussi à tuer la troisième personne. C’est un imposteur, tu parles d’un Saint. Raté, raté, raté, sa mère lui avait si bien répété. Rien de ce qu’il commence, il n’arrive à le finir. Il sent ses ongles s’enfoncer dans ses bras, son regard se brouiller. Il perd pied avec la réalité, le souffle court, il ne voit rien, n’entend rien. C’est une situation tellement dangereuse pour lui, seul et vulnérable. Jusqu’à aujourd’hui il avait toujours réussi à limiter ses plus violentes crises dans la sécurité de son appartement. Au loin il entend une porte s’ouvrir et se refermer. Le spectacle serait-il prêt à commencer ? Takumi persiste, avant, arrière, avant, arrière… il faut qu’il se calme. Vox lui a offert cette soirée...ce ticket, ce costume… Il doit en profiter, par respect et loyauté pour Vox qui l’accueille en son sein. Comme si il était un de leurs enfants, précieux et important. Mais l’idée de se forcer à se calmer n’est pas la meilleure des solutions pour retrouver la sérénité. Allez Takumi, allez, calme toi, espère de raté !

Il continue de se balancer, mais quelque chose le dérange. C’est comme un souffle chaud sur son visage, il veut l’éviter. Il recule, cligne des yeux pour se concentrer sur ce qui l’entoure et comprendre la provenance de cette étrangeté. Hum… Un visage… Ah. Ça expliquerait le souffle chaud, la respiration d’un autre être humain. Cela fait tellement longtemps que Takumi n’a pas été aussi proche d’un autre être humain, il serait presque prêt à trouver ça agréable... si c’était la vérité… Il cligne des yeux, hum… Ce visage, ces yeux, ces cheveux… Dreiden ??? MORGAN MARSHALL ??? Le leader de The Dawn ? Takumi a les yeux écarquillés, mais le visage continu d’avancer. Au fur et à mesure qu’il s’avance, Takumi recule, jusqu’à ce que sa tête cogne le mur. Quoi ? Qu’est-ce qu’il fait là ? Ici avec lui ? Dans ce vieux cagibi… ça doit être une erreur, c’est la seule solution. Cet homme ne peut le connaître. Encore moins s’intéresser à lui. Lui, l’erreur, Dreiden, la réussite. Takumi, en a le souffle coupé. Il ne sait absolument pas quoi faire. Gérer d’autres êtres vivants, il n’a jamais su faire… Mais la bouche de la beauté glaciale se met à bouger.

...pas être accepté par le reste ...partie intégrante de toi ...c’est normal de se sentir désemparer...

Takumi arrête de respirer. Est-ce qu’un autre être humain essaie de lui remonter le moral ? Est-ce que la tête de The Dawn à de la compassion pour lui ?… Lui ? Takumi Fujita ? Il se remémore toutes les fois où il a entraperçu Dreiden en soirée, son magnétisme, son regard... jamais il ne s’était dit qu’il aurait pu mériter son attention... il est loin d'être désillusionné. Mais Dreiden n’a pas finit de parler, toujours collé à son nez.

...ces personnes ne réalisent pas l’impact que ça peut avoir sur nous…

Quoi ? Est-ce qu’il pourrait savoir...pour Vox, les meurtres… ? Oh non.. Oh non ! personne ne peut savoir, personne ne doit savoir. La punition de Vox serait terrible…

...une marque de fringue streetwear ...j’ai besoin de toi comme ambassadeur ...ok pour toi?

Takumi a le cœur qui arrête de battre. Quoi ? Takumi fronce les sourcils, il y a quelque chose qui le dérange.

Quel impact ? Impact sur moi ? Non, tu ne comprends pas, ça ne me fait rien, c’est pour ça que je le fais.

Un petit sourire lui échappe. Puis tout d’un coup il se rappelle à qui il parle. Pris de panique, il essaie de s’enfuir, oubliant que le mur lui bloque le dos. D’un mouvement très mal coordonné, ses bras s’écartent, sa tête se cogne sur le mur, son bassin glisse… il se retrouve quasiment allongé à terre, totalement dominé par Dreiden, tel une proie se faisant cerner et contrôler. Une souris avec laquelle le chat veut jouer avant de la croquer. Depuis le sol, Takumi est effaré… Le reste du discours… ça y est il commence à percuter. Lui un ambassadeur ? Pour des vêtements ? Sa marque à lui, Dreiden ? Le demi-Dieu à la renommée magnifique, celui qui est entouré des belles personnes, physiquement et intérieurement ? Pfff, Takumi se met à avoir un rire nerveux. Bien sur que non, il s’est forcément trompé. D’ailleurs impossible qu’il puisse se souvenir de lui. Il se met à marmonner.

Hum… Je pense que tu as confondu un de tes amis avec moi… En fait moi c’est Takumi… Enfin même si c’est pas important que tu t’en souvienne… Hum, hum… je vais y aller du coup… le spectacle va commencer…

Takumi cherche une prise, pour essayer de se relever et quitter cette pièce.

Takumi Fujita

Takumi Fujita