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tell me pretty lies ⁽ ft. charlie ⁾

Ven 30 Aoû - 4:41


rien de plus qu’un souffle, une respiration. le bruit environnant étouffé par une chanson aux paroles lacérantes, au son écrasant d’un flow ardent. jun aimait le rap, ça ne faisait que renforcer son côté edgy qu’elle tentait de dissimuler sous une bitch face, et elle ne pouvait que se blâmer elle-même d’aimer ce genre de son qui faisait ressortir un côté bien négatif de sa personne. le visage dissimulé sous l’ombre d’une capuche, la jeune sud-coréenne agitait la tête au rythme de la musique passant dans ses écouteurs, crachant d’entre ses lèvres la fumée toxique d’une cigarette et observant silencieusement la foule se mouvoir dans la rue sous la lueur des projecteurs, écrasant leur ombre au sol, glissant à ses pieds. la nuit n’était pas si chaude, un simple frisson la réveilla aussitôt, qu’il était ennuyant de travailler aussi tard parfois.

se laissant tomber au sol sur le rebord d’une entrée d’immeuble lugubre, jung-hyun appuya sa tête contre les paumes ouvertes de ses mains, comme une enfant attendant impatiemment la venue de quelqu’un, froissant le nez en sentant une odeur désagréable venir jusqu'à elle. ce trou merdique rempli de rats. on lui avait donné un simple rendez-vous pour ce soir, d’un client qu’elle ne connaissait pas, un nouveau peut-être. mais cela l’emmerdait bien profondément de devoir se pointer pour une nouvelle tête, jun avait ses clients fidèles qu’elle appréciait, au moins elle savait quoi servir. là pour le coup, la demande avait été vague, si bien que cela avait éveillé chez elle une incertitude, elle voulait avant voir à qui elle avait affaire et si le client était sérieux et prêt à vider ses poches, la came lui sera remise. en attendant, elle restait bien au chaud dans son appartement, fallait pas déconner et se faire prendre inutilement.

la cigarette se pointant à nouveau à son bec, la jeune asiatique se colla contre la porte d’entrée d’immeuble, alluma son portable pour venir y perdre son temps sur les réseaux sociaux, jusqu’au final ouvrir un jeu débile, histoire de s’occuper. ses traits fatigués éclairés par la lumière de l’appareil ressortaient subtilement, ayant été rapidement maquillés, assez pour ne pas laisser paraître ses dernières insomnies infernales. elle ne dormait pas, comme à son habitude, bien évidemment qu’elle avait été la seule disponible pour cette nuit-là, mieux fallait ne pas énerver le grand frère en lui faisait un silence radio. elle agita nerveusement la tête en pensant à ce qui pourrait lui faire, jusqu'à finalement oublier en voyant les milles et une couleur s'afficher sur son écran, au rythme d'un son débile pour un jeu débile. complètement merdique. pourtant elle y resta encore dessus pendant de bonnes minutes, ça lui permettait d'oublier pour un instant, elle ne pensait plus qu'à aligner une colonne de symboles aux couleurs vomitives. qui pouvait sérieusement aimer ce genre de truc ? certainement les gens qui comme elle avait besoin d'un divertissement dans leur vie, de quelque chose d'innocent, presque enfantin. ses cils battirent rapidement quand elle se rendit compte qu'elle avait perdu et avec frustration, elle enfonça le portable dans la poche de son sweatshirt noir, croisant les bras d'impatience. putain il fout quoi.

un soupir s'échappa, elle ferma les yeux de fatigue. ou d'ennui. son pied commença à taper le sol au rythme du son revenu dans ses oreilles, elle avait besoin d'une stimulation, là tout de suite, ou il était sûr qu'elle allait finir par s'endormir contre cette porte sur laquelle on avait certainement pissé. elle grimaça à cette pensée et ouvrit subitement les yeux, baissant la tête. un rideau de cheveux noirs s’abattit en avant quand elle retira sa capuche, jusqu'à soudainement voir deux boots s'arrêter devant elle, lui faisant soudainement relever les yeux vers cette silhouette à contre-jour. plissant un peu plus les yeux, jung-hyun sourit malicieusement, se frottant le menton entre le pouce et l'index. "Décidément, t'en as mis du temps."

Jung-Hyun Paek

Jung-Hyun Paek
Ven 30 Aoû - 20:10
elle marche avec hâte, circulant entre les passants du quartier est. tout son corps est tendu. raide. charlie n’est pas à l’aise. la tête baissé et les yeux relever, elle guette. observe les gens, se faufilant dans la masse. elle essaye d’être discrète, de se fondre dans le décors. de ne pas attirer l’attention.
mais c’est difficile. elle est en plus territoire ennemi. infiltrée parmis le quartier le plus dangereux de mayaku. qui grouille de hors la loi et de criminels.

ce n’est pas la première fois qu’elle vient ici. des règlements de comptes, des arrestations, des enquêtes...  l’ancienne flic connait bien. mais cette fois, elle joue un rôle. et elle n’est pas rassurée.
d’un côté, il a cette appréhension. elle sait qu’au moindre faux pas, elle pourrait tout faire foirer. gâcher une des rares occasions qu’elle attends depuis plus de trois ans.
mais de l’autre, il y a cette excitation qui fourmille sous sa peau et qui fait battre son coeur. elle a hâte, charlie. hâte d’enfin lui mettre la main dessus et de la coincer.
elle.
l’assassin de son père.

elle a réussit à la retrouver. la demoiselle un peu plus âgée est une dealeuse plutôt réputé. alors charlie, elle s’est fait passée pour une cliente. réussissant en jouant de son réseau et de la pression à avoir son numéro. c’était pas simple, jung-hyun est du genre à se faire désirée. prudente, préférant sa clientèle habituelle. peu ouverte aux inconnus.
mais charlie y était parvenu.
et elle allait la rencontrer.
le plan était simple sur le papier. entrer en contact avec la suspecte et lui faire cracher d’une manière ou d’une autre les informations qui lui manquait pour l'inculper.
c’est là que c’est délicat.
il faut jouer ses cartes avec prudence, guetter le bon moment pour être sûre qu’elle ne s’échappe pas.

charlie arrive finalement au point de rendez-vous. rez-de-chaussé d’un vieux bâtiment délabré. ses sourcils se froncent. elle déteste vraiment l’est. elle se reprends. consciente du rôle qu’elle doit jouer. alors, main dans les poches dans son jean troué, elle entre.
elle prends une attitude détendus. à suffisamment observé les jeunes délinquants pour les imités. elle est là, un pull gris trop grand pour elle, les cheveux en vrac et ses vieilles docs noires.
crédible.
presque.

et devant elle, juste assise par terre, une silhouette. qui relève la tête. charlie se fige.
jung-hyun paek.
elle reconnaît son visage obscurcit sous sa capuche noire. elle serre les dents. sa rancœur et sa haine lui crispent les muscles. elle est là juste là, à sa porté. la putain de coréenne qui a tué son père. si proche...
mais elle se force à rester calme.
ne rien laisser paraître.
ce n’est pas encore le bon moment.
"Décidément, t'en as mis du temps."
désagréable, en plus de ça. elle lui aurait bien foutu un coup de pied dans la gueule, mais elle se contient. il faut la jouer finement.
“ouais. désolée. mais c’est bon je suis là maintenant.”
elle reste debout à l’observer. style de voyou, grand sweat noir à capuche et odeur de clope. c’est dommage pour un si beau visage... charlie se mord la lèvre. ce n’est pas le moment de débattre sur la beauté de la dealeuse.
“t’as la came ?”
la partie à commencer. voyons qui tombera en premier.

Charlie Stevens

Charlie Stevens
Jeu 5 Sep - 5:38


un instant d'hésitation, elle en avait vu des camés tout au long de sa vie, elle avait vécu avec eux, à supporter leur trip. et leur redescente, leur sale gueules amochées, leurs dents pourries ou leur bras éclatés, ils se piquaient jusqu’à ne plus ressentir la douleur, à baver comme des chiens au sol. mais là, quelque chose bloquait, cette nana, elle était différente de tout ce qu’elle avait bien pu voir, soit la came n’était pas pour elle, soit elle cachait quelque chose. une meuf qui voulait peut-être essayer de nouvelles sensations ? jun agita la tête, passant ce détail, elle ne voulait pas au fond manquait une vente, après tout elle se foutait de ce que prenait ses clients, tant qu’il y avait l’argent. un rire soufflé, l’asiatique agita la main de manière décomplexée, accompagnant son geste par des râlements. “T’inquiète, tu l’auras rapidement. Mais j’l’ai pas avec moi là, va falloir attendre un peu.”

en se relevant, jun attrapa son sac à dos posé au sol pour l’envoyer sur une épaule, avant de commencer à faire rebrousser chemin dans la ruelle, faisant signe à la nouvelle de la suivre. “Viens, je dois voir mon fournisseur, je suis à sec pour la soirée. Et j’veux pas qu’des flics me tombent dessus. C’est un peu loin, mais j'suis sûre qu’un peu de marche ça te tuera pas. Si ?” sortant son portable de sa poche, jun envoya rapidement un message à son frère, l’avertissant de ne plus lui refiler des clients louches, ça pouvait être n’importe qui. n’importe qui pour faire tomber tout un réseau. un idiot naïf, un jeune en manque, un flic sous couverture. tant de scénarios, si peu de réponses. et ça serait encore de sa faute si ça merdait. alors il valait mieux donner des avertissements avant de tout se recevoir dans le coin de la gueule. elle visualisa rapidement le plan pour la soirée, marcher un peu, faire connaissance et si tout se passait bien, elle prendrait la direction de l'appartement. le plan était simple vu comme ça, mais quand elle osa jeter un regard en direction de la nouvelle, jun se demanda combien de temps ça lui prendrait pour lui faire suffisamment confiance.

en avançant dans les rues, jun semblait à l’aise, ce territoire était sa cour de récréation, elle qui n’avait pas le profil typique nippon se fondait dans le décor comme si de rien n’était, son japonais laissait parfois à désirer mais au fond, elle faisait partie des meubles. la musique résonnant dans un écouteur, la sud-coréenne fredonnait un air, comme si elle avait déjà oublié son travail. mais non, elle qui semblait s’évader surveillait en réalité du coin de l’oeil sa nouvelle connaissance et une chose était sûre, elle était curieuse comme une enfant. “Mais hé c’est la première fois qu’je te vois ici, t’es nouvelle dans le coin ?”  jun se faisait des amis à la pelle, elle qui avait le contact facile, on pouvait venir lui parler comme si elle avait toujours été une proche. mais elle se méfiait des gens, plus que tout de ceux qui jouaient un rôle. mais bon, ce n'était pas le cas, non ? qu'est-ce qui pourrait bien se passer ? absolument tout. et jun était loin d'être la dernière des connes.


Jung-Hyun Paek

Jung-Hyun Paek
Sam 14 Sep - 12:44
charlie, ce n’est absolument pas le genre de fille à consommer quoi que ce soit. même l’alcool, elle essaye d’éviter un maximum. elle n’est pas contre, elle aime bien. mais elle ne tient pas. et elle déteste perdre le contrôle de ses sens. elle se sent trop faible, trop vulnérable. alors tout ce qui est drogue, c’est inimaginable.
pourtant, aujourd’hui, elle n’a pas le choix. elle doit faire semblant, jouer un rôle au maximum pour glaner désespérement quelques informations. alors quand la demoiselle en face d’elle lui dit qu’elle n’a rien, elle fronce les sourcils. contrariées.
“j’espère bien.”
elle se prends au jeu bien trop au sérieux. dans l’absolu, elle se fiche complètement d’avoir ou de ne pas avoir la-dite marchandise. elle ne prendra pas de toute façon. c’est juste que la dealeuse l’agace. elle nourrit beaucoup trop de rancune d’aversion pour jung-hyun paek.
alors, elle n’est ni patiente, ni agréable. et ne peut s’empêcher de grommeler dans sa barbe.

et puis l’asiatique se relève d’un ton nonchalant avant de se diriger dans les rues. l'ordonnant d’un signe de la main de la suivre. elle compte visiblement aller chez son fournisseur. charlie obéit. elle n’a pas le choix. elle ne réponds pas, ne relevant ni le petit pique final, ni la remarque sur les policiers.
mais intérieurement, son esprit bouillonne.
ô, si tu savais ma jolie, les flics sont bien plus proche que ce que tu ne crois.
mais ce n’est pas encore le moment. il faut rester tapis, patient. alors elle s’élance à sa suite, prête à vagabonder dans les rues de ce quartier miteux.

charlie déteste le nord. c’est dans ses gênes. les policiers détestent les gangs et les délinquants, et réciproquement. elle n’apprécie absolument pas l’idée de marcher ici, d’être au milieu de tous ces gens qui sont potentiellement ses ennemis.
mais encore une fois, elle n’a pas le choix.
"Mais hé c’est la première fois qu’je te vois ici, t’es nouvelle dans le coin ?"
son attention revient sur jung-hyun. elle refoule une énième pulsion de haine. prends sur elle pour rester calme. il faut qu’elle soit naturelle. qu’elle étouffe ses sentiments pour bien paraître.
il faut qu’elle oublie qu’elle tient une des responsables de la mort de son père.
"ouais."
elle sourit doucement. un vrai sourire, doux et sympathique.
rentre dans le rôle.
"j’viens des states ! j’suis arrivée au japon y’a pas longtemps."
semi-mensonge. c’est toujours plus simple de cacher des secrets sous un tissu de vérité.
"et toi du coup ? t’as l’air d’être là depuis longtemps."
elle parle avec enthousiasme. la voix est fluette et posée. elle se surprends elle même à être aussi à l'aise, aussi naturelle. mais au fond, ce n'est pas si étonnant. charlie a toujours su faire passer ses sentiments en dernier. alors la rancune qu'elle éprouve pour jung-hyun ne pose aucun problème. elle la met de côté pour considérer la coréenne comme une nouvelle personne. quelqu'un qu'elle vient de rencontrer et dont elle ne sait rien.

elle a enchaîné la question naturellement, mais après une petite seconde de réflexion, elle réalise que ce n’est pas la meilleur des idées de demander ça à sa dealeuse.
c’est un métier dangereux, et l’asiatique doit probablement se méfier d’elle.  elle n’a donc sûrement pas envie de lui répondre. réalisant son erreur, charlie passe une main dans ses cheveux et joue avec un bout de mèche. tic qu’elle a lorsqu’elle est confuse ou gênée.
"nan, oublie en fait. t’as peut-être pas envie de répondre. laisse tomber."
ce n'est même pas feint. et terriblement sincère. ô bien sûre, elle brûle de savoir. fourmille d'envie d'en apprendre plus sur cette femme. mais elle veut que cela vienne naturellement. dans un climat de confiance. elle se refuse à lui imposer son rythme, à exiger des réponses sur quelque chose qui n'est pas censée la concerner.

puis son regard quitte celui de la jeune femme pour se perdre dans le paysage. charlie est toujours aussi calme, toujours aussi naturelle. ne cherche pas spécialement  à continuer la conversation. pour l’instant, elle s’en fiche. elle attends juste d’arriver à destination.

Charlie Stevens

Charlie Stevens