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[EVENT] Hanabi Matsuri

Jeu 18 Juil - 16:34


Hanabi matsuri


fast rp _ les docs
Les odeurs te guident et les lumières t’éblouissent. Sur un stand, on peut y apercevoir des spécialités nippones, du saké et divers breuvages traditionnels. Plus on avance et plus les stands sont colorés ; une explosion de saveur et de bonheur. Le hanabi matsuri de cette saison estivale promet d’être hors du temps. Par ailleurs, la brise marine chatouille tes narines et apporte ce petit truc idyllique dont tout le monde avait besoin. Mayaku souffle tandis qu’à minuit, le ciel éclate de mille façons reflétant ainsi sur la mer ses meilleures couleurs. Les feux d’artifice raviront les plus jeunes comme les plus anciens, chacun y trouvera son compte. On s’y amuse, on s’y retrouve, on oublie pour mieux recommencer demain. C’est l’occasion rêvée pour toi de te détendre, seul.e ou accompagné.e. Une tête familière, un plat qui te rend nostalgique, les feux d’artifice qui te ramène à cet état d’enfant.

Tout est réuni pour te divertir.
Mais n’oublie pas, demain est un autre jour, alors profite de celui-là car tout, peut encore basculer.

Mayaku

Mayaku
Ven 19 Juil - 17:18
i’ve been so colorblind


J’suis comme cette bouée là-bas au fond d’l’horizon. Je tangue d’un côté à l’autre sans trop savoir si un jour je vais m’écrouler. Pourtant bien loin d’tomber, mon ami xanax n’a fait qu’accentuer les remous dans mon gosier. J’ai consommé parce qu’aujourd’hui c’est un jour de fête. Mes idées ne sont pas encore confuses pour que je puisse me louper. Des couleurs j’vais en voir et ça, toute la journée. J’avance, à la manière d’une machine, provoquant houle sur mon chemin. Les corps se poussent, l’air circule, je suis encore en vie. Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant consommé mais au Pub, on fait que ça et c’est dur de refuser t’sais. Une expiration brutal quand j’heurt un homme à l’air renfermé. J’hésite entre l’insulter et simplement m’excuser. . . Ah, merde, j’ai pas les idées clairs finalement mais faut voir l’endroit quoi. Des stands de tout les côtés et des gens, des enfants, des connaissances et tout ce beau monde. . . Y’a de quoi s’y perdre, de quoi ne plus rien capter. Focus Aaron, focus. J’inspire et pose ma main sur l’épaule de l’homme. J’ai envie qu’il me regarde, j’ai envie de le confronter mais quelque part j’ai envie de m’excuser. Ah-h. . . La drogue me fait péter un câble et c’est pas la seule. . . Trop d’gens, trop d’odeur, trop d’bruit, trop. . . j’vais dormir, ouais j’vais trouver un endroit sur les docks où dormir. . . J’m’en fou d’cet homme. Je le lâche, résolu à ne pas interagir et je fais marche arrière. La houle dans la foule, encore, je tangue, encore. . .

Aaron T. Dorfei

Aaron T. Dorfei
Ven 19 Juil - 20:16
Il percute mon épaule qu’il s’excuse pah le type. Y en avait une hier au technival, elle avait fait pareil. J’me sentais d’lui en coller une di-rect, sauf qu’la politesse ça r’vient et j’suis pah violent moi. Puis, faut avouer qu’elle était jeune et jolie camée. Par contre ce mec, il venait de poser ses doigts sur mon épaule que j’enlevais aussitôt. J’supportais pas, qu’on me touche. Il regardait ailleurs quand je le reconnaissais c’t’enculé. Meerde, Aaron, t’es sérieux à mêm’pah m’capter??? Il part. Hé, t’croah t’en tirer comme çah en plus? Tout le monde souriait, tout le monde s’animait. Les visages m’ont fait perdre celui d’Dorfei. Oh, qu’est-ce qu’ils me gavaient, ces Mayakoïtes. Alors je presse le pas, l’index appuyé sur la narine avant de la frotter fermement et renifler. Je file contre le vent, devance des villageois et appose ma main sur l’épaule d’Aaron. Hé spèce d’cul d’bourge, pourquoi fauty qu’tu m’ignores comme çah? Pourquoi est-c’que tu m’as pas averti qu’tu v’nais?



drugs
@morden

Morgan Marshall

Morgan Marshall
Sam 20 Juil - 20:28
L'épouvantable épouvantail

Au-dessus des eaux. Des dizaines de couleurs vont exploser. Et se répandre, vers le large. Au-dessus des toits de cette ville. Vouée à l’implosion. L’équilibre est précaire. Les feux d’artifices, sombres. Et la tête de sa cigarette, qui brûle. Fumée se répand depuis ses lèvres. Glissent sur des visages. S’immiscent dans des narines. Et les cendres tombent. Sur le cuir des chaussures. Sur le gris de l’asphalte. Ses yeux sibériens soufflant la glace, et la mollesse des opiacés dans son sang. Entre les cheveux, noirs corbeaux, de quelques japonaises. Hanabi Matsuri. Il marche. Bras immobile battant contre son flanc. Membre mort. Frottant la crosse d’une arme chargée. L’absurdité de cette existence, a fait du chien des rues, un chien de garde. Mais un chien, reste un chien. Cобака. Et la clope crie sous l’attaque de ses crocs. Une main dans les poches. Il y a un foule, autour de lui. Et c’est débile. De se réunir ici. Quand la police est en déroute. Et que les attentats, eux, en recrudescence. Putain. Il est là, parce qu’il ne devait rien lui arriver, à elle. Il marche aux côtés de Yumi. Et ces gens, sont un brouillard, dense. Et des dizaines de couleurs vont exploser. Comme lorsqu’il regardait les idoles brûler, quand venait le printemps. Enfant. Les deux pieds dans la neige. Le froid mordant ses joues. De la neige, sur les vêtements. Il fait chaud. Et l’hiver lui manque. Les rétines, attirées par lumières multicolores. Et parfum de saké. Son mégot tombe. Quand il tire quelques billets. Deux verres. Un pour elle, l’autre pour lui. Il lui donne. Avant de prendre le sien. Tout ça est stupide. Mais il y a quelque chose. De plus beau encore. Regarder ces feux d’artifices, dans une ville qui sombre. Comme un de ces bateaux, à jamais, dans le fond des eaux. C’est comme danser, dans un cimetière. Sur une pile de cadavre. Et un véritable sourire, lui vient enfin sur les lèvres. Des lèvres abîmées, lacérant le blanc de son visage. D’épouvantail de conte russe.

Vasiliy Ivanova

Vasiliy Ivanova
Dim 28 Juil - 14:23
hostage


Un rond vert parcourt les stands. Les yeux plissés par le soleil tirant sa plus belle révérence. Éblouis par la beauté d’un ciel chaleureux, de vagues nombreuses et d’une ambiance singulière. Il y a des enfants qui court d’un côté, les doigts entremêlaient et le sourire épais. De l’autre, des ivrognes dociles lorgnent sur les tenues des demoiselles. Pas un pif plus rouge que l’autre, personne ne se rattrape car au final cette journée n’est que bonheur et festivité. Les paupières à demi close, les cernes diminués, le dos redressé. Un peu plus femme, un peu moins bandit. Un peu plus vivante, un peu moins junkie. Avec l’arrêt de la distribution de drogue au Nord, j’avais décidé de ralentir pour le bien du business. Décider de prendre en main ce clan que longtemps, j’ai renié. Je ne suis plus vraiment seule, j’ai une sœur et un bras. Un bras qui me suit à la trace, ne me lâche pas, surveille mes arrières plus que je ne le souhaite. L’odeur de nicotine plane au dessus de mon crâne et de cette coloration noir de jais. Le retour de l’encre, de l’amer. Quelques cendres qui dansent dans les airs, quelques bourrasques pour les envoyer au loin. On s’arrête, il paye deux verres, il sourit. Finalement, c’est un beau sourire. Je l’imite et soulève le coude avant d’avaler, lentement, de petites gorgées.
Plus loin, à la suite de plusieurs courbettes, je m’arrête. Le gobelet s’écrase entre mes doigts et vole dans la poubelle la plus proche. Fluide, je me tourne pour lui faire face et fronce les sourcils. Un peu désinvolte, un peu souriante.

Tu peux aller t’amuser hein, il m’arrivera rien… Je t’ai pas demandé de venir pour me suivre au pas Vasiliy… un silence rythmé des rires et des cris de joie non loin, une cigarette qui s’gare entre mes dents, elle s’illumine aller, y’a bien des gens que tu veux voir, t’es pas mon chien.

Et pivotant, je tire la première latte. Traînant mes pieds maintenant déchaussé sur le bout de plage bouclant les rangées de stand. Je l’ignore et part me poser au bord de l’eau. C’est vrai, c’est pas mon otage. C’est vrai, je ne suis pas si mauvaise.



Ͽ Dark

Hime '

Yumi Shinogaï

Yumi Shinogaï
Dim 28 Juil - 14:34
lie


Fuir. J’ai que ça en tête. Mais c’est trop beau d’y croire, trop beau aujourd’hui. Mon épaule se fait accrocher, et je fais volte-face pour rencontrer mon interlocuteur. Sa tignasse rosé, son teint blafard et son accent. Comme d’habitude, j’ai du mal à le suivre. La bouche entrouverte, les sourcils froncés, le signe de l’incompréhension car à peine audible dans ce boucan environnant. Malgré tout et malgré le peu de lucidité, j’arrive à déchiffrer ses paroles. Naturellement je m’approche de lui, retirant au passage sa main à mon épaule. L’odeur de son shampoing et de sa peau s’immisce dans mes narines tandis que je m’exprime :

_ C’est imprévu, j’ai trouvé. . . coupé dans mon élan, je me rappelle son manque et soupir doucement avant de reprendre, j’ai trouvé l’idée de venir quand j’ai appris qu’il y aurait. . . Un feu d’artifice, oui. . Oui.

Un pas en arrière, je souris en coin. Ma dégaine peut m’trahir parce que c’est vrai, j’ai les yeux explosés, le dos courbé et ma classe habituel balayé. Mais c’pas grave, il m’en voudrait pas. J’espère.

Aaron T. Dorfei

Aaron T. Dorfei
Lun 29 Juil - 18:18
La chaleur, la liesse, et les odeurs. Ça la prend aux narines, ça lui agresse les sinus. Bonbons, caramel, porc, sueur et pétard. Ça sent la poudre, y'a déjà des gosses qui s'amusent avec des explosifs. Des petits, pour faire du bruit, qu'on prend plaisir à balancer dans une bouche d’égout pour profiter d'un boum plus retentissant, et puis les rires en écho à la sourde déflagration. Et puis y'en a des plus grands, des plus puissants, ça fait «tssssiiiiiiiiiiii» quand ça monte vers le ciel encore bleu, un peu rose, et puis ça éclate, comme une cocotte minute qui ne tiendrait plus la pression. Le bouchon saute, ça fait des étincelles, et c'est presque beau. Presque. Peut-être parce qu'il ne fait pas assez noir. Peut-être parce que ce n'est qu'artifices, artificiels. Rien ne vaut un véritable orage, pour des explosions et des lumières. Les sensations sont réelles, les sons percutants, ça vous secoue dans tous les sens, ça vous frappe, ça vous rappelle à quel point vous êtes en vie. Mais on ne célèbre pas les ouragans ici, ni les tornades, les déchaînements climatiques sont trop destructeurs pour ça.

La Souris avance. Elle se faufile, et comme toujours, elle se glisse sans qu'on ne la remarque. Une chose qui a toujours été paradoxale, car son physique ne passe pas inaperçu. Elle doit avoir une aura discrète, ou un truc du genre. Elle s'approche de la plage, il y a moins de monde. À cette heure, toute la population profite de l'animation de rues bondées, de stands. C'est l'heure de se remplir l'estomac, c'est l'heure de dépenser des sous. Elle n'a ni faim, ni envie de lâcher quelques pièce dans un jeu de tir injuste. Des peluches, elle en a suffisamment collectionné, et même si elle ne dirait pas non pour un doudou supplémentaire, elle préfère économiser.

Une fois sur la jetée, elle délace ses bottes. Pieds nus dans le sable, elle inspire profondément, savoure l'air marin, iodé. C'est plus agréable que ce désagréable mélange de parfums qui l'assaillait plus tôt. Elle reprend sa marche, bientôt, croise Yumi. Cheveux sombre, crinière d'ébène et une solitude inhabituelle.

- Tout va bien ?

Phymeris Deteripsa

Phymeris Deteripsa
Lun 29 Juil - 21:41
Mes yeux attirés par le sol. C’est imprévu, j’ai trouvé . . . de la drogue. J’ai trouvé l’idée de venir quand j’ai appris qu’il y aurait . . . de la drogue. Oui. OH quel merveilleux feu d’artifice. J’y croah pah. Je croise l’un de mes bras contre mon torse quand mon autre poignet se colle sous mes narines. Mes cils papillonnent, lassement. Autant de couleurs pour le ciel qui, à la fin, s’éteignent. Mon visage s’élèvent au ciel illuminé par les étoiles. Non. Il en avait consommé, pour lui, égoïstement. J’veux dire, c’t’enflure il ne m’en avait pas passé. Et lorsque j’abaisse à nouveau mon visage dénué d’expression, je tombe sur Yumi. Ma main repousse comme jamais elle n’avait pu le repousser Aaron. Mon épaule percute littéralement Vaska que je n’reconnais pas et je prends appuie sur les galets pour dégager avec force le poids plume de Phymeris. Quel est ton potentiel de patience? Un pas, après l’autre. Je m’approche. Grominet se fait toujours rouler par Titi. Grominet se fait toujours rouler par Titi. Grominet se fait toujours rouler par Titi. Tu le sais, c’est dans les Looney toons. Mon front percute le sien. Mes yeux s’ancrent dans les siens comme s’ils n’avaient rien à regarder. Mes pupilles se dilatent. Elles embrassent le bleu givré. Elles le baisent. Et mon air innocent. Et mes lèvres entr’ouvertes qui effleurerent presque les siennes, nos souffles s’entrechoquent. Mes genoux tombent à terre, cul à mes mollets, mes mains tremblantes à mes yeux. Fuck for sake. Ouvre ton corps et ton esprit à ce monde. Si tu arrives à vivre sans, tout sera plus merveilleux. Concentre-toi sur les parties de ton corps au contacte de la terre. Relâche ton dos, ta nuque, tes bras . . . Tout le haut du corps est détendu. Mon visage s’éffondre contre les cuisses de Yumi. Imagine a quel point il est bon de fermer les yeux . . . Permets-toi de fermer les yeux . . . c’est relaxant, non? Se sentir bien et fatigué . . . Maintenant, envisage qu’elle s’accapare tes amis pour mener son propre clan. Elle est face à toi et tu ne réagis plus. Prends ton inspiration, laisse entrer l’anxiété et la dépression s’installer. Quand tu es complètement éveillé et alerte, alors tu pourras retourner à tes occupations. Mon visage s’agite, mes membres s’excitent, je me redresse, recule d’elle et tend mon visage pour le sien, aboie, JE SAIS UNE CHOSE QU’TU N’SAIS PAH, TAH VIE EST UNE MERDE. TAH VIE EST UNE MERDE. TAH VIE EST UNE PUTAIN DE MERDE. Je m’éloigne abruptement d’elle, tord mon échine épris d’un violent vertige, hurle en sueur: REND-LA NOUS. Bordel . . . Imagine à quel point il est bon de fermer les yeux . . . Se sentir bien et fatigué . . . c’est relaxant, non? Tu le sais, c’est dans les Looney toons. Elle est face à toi et tu ne réagis plus. Mes yeux s’ancrent dans les siens comme s’ils n’avaient rien à regarder.



drugs
@morden

Morgan Marshall

Morgan Marshall
Mar 6 Aoû - 14:33
dark light

«  tell me that i m lost,
approach me, ain t got shit to say,
talkin to me like u wanted to stay  »

J’aimerais capturer ce paysage et cet horizon. Le soleil tirant sa révérence dans le vaste étendu d’eau, une orange baignant dans une marre de sang. Un contraste céleste, un rose s’assombrissant à tout allure et des nuages galopant de gauche à droite. Peu couvert en soirée, le ciel se dégagera pour le meilleur des festivités. J’expire face à tant de douceur et de solitude. L’attention se rapportant au sable puis la voix d’une jeune fille. Phyméris, je reconnais bien celle-ci. Prête à lui sourire, prête à lui répondre de s’installer à mes côtés. Prête à tout sauf ça. Un Marshall totalement déboussolé, frustré et prit d’un délire malsain. Son crâne est lourd, chaud, autant que le soleil de cet après midi. Je ne réagis pas car il n’y a pas de raison de le faire. Je devine sans problème ce qu’est le sien. Il est en descente constante, il a mal, il a peur, il a quelque chose de manquant. Et ça pète. Il hurle, aboie contre ma gueule. Imperturbable, je me dis qu’il dépasse les bornes. On est un jour de fête petit con, ne m’embarrasse pas de tes soucis. Et j’ai milles solutions au problème mais bien trop de pitié pour m’acharner davantage sur lui. Tes vide quand tu ne trip pas et c’est bien triste. Tes vide de ton insouciance et c’est malheureux n’est-ce-pas. Un léger soupir, je détourne le regard et commence à regarder par dessus mon épaule. Un regard à Phyméris, tantôt propulsé en arrière et lui murmure, hors de la situation.

Tout va bien ? Moi ça va. Viens t’asseoir ici.

Un sourire et une impression de victoire. Ouais, j’en ai rien à foutre parce que quoi que tu dises Marshall, je ne changerai pas. Je n’ai plus seize ans, désolé pour toi.
«  y’all know about me  »



Ͽ Dark

Hime '

Yumi Shinogaï

Yumi Shinogaï
Jeu 15 Aoû - 10:40
Des gouttes pour les yeux

Tu n’es pas mon chien. Et la chaleur du saké coule, le long de la gorge de cet épouvantail. Qui ne fait plus peur à personne. Ni à elle. Ni aux autres, sans doute. La neige sur le visage, souillée de deux cernes de suif. Des yeux froids, comme les eaux du Baïkal, au mois de décembre. Il est. Un hiver tâché de charbon. Un cube de pneu égrené sur une ligne blanche. Il y a bien des gens que tu veux voir. Non. Est-ce cela ce qu’il est devenu ? Plus qu’un chien, un animal social, à leurs yeux. Merde. Les mélodies, sifflant la solitude, de son piano, lui manque. Il n’est qu’un de ces feux d’artifices, qui explosent, dans le ciel, parmi tant d’autre. Quelque chose, en lui, préfère n’être qu’un point, une flamme de briquet, dans l’horizon, que le vent souffle. Mayaku n’est sans doute pas la meilleure ville pour cela. Et n’importe quelle ville, n’est, peut-être, pas la meilleure des alternatives. Les larges espaces. Semblent plus en accord, avec la lenteur lancinante de son coeur. Il regarde Yumi, se fondre dans la foule. Et en fait autant. Jusqu’à ce que Morgan percute son épaule, sans le reconnaître. L’épouvantable épouvantail. Traverse une période à vide. Et il a envie de tirer dans le tas. Sortir le revolver froid pendant à son flanc. Cracher du plomb. Saccager ce festival, qui n’est que trop beau pour lui. Le sang des masses s’écoulant sur le sol. Un frisson secouant son échine. Le déplaisir. Son bras, mort. Est-il encore capable de tuer ? Il aimerait se le prouver. Après tout, il n’y a que l’absurdité de la mort, qui puisse égaler celle de la vie. Ses yeux font pleuvoir quelques flocons blancs dans les cheveux noirs qui ondulent devant lui. Il entend les aboiements de l’anglais. Sevrage difficile. Il s’écarte de ces fourmis qui grouillent sur le port. Pour s’asseoir au bord de l’eau. Loin de l’effervescence. Tirer un flacon d’une poche de son manteau. Faire couler quelques gouttes dans les yeux. Une, deux. Une, deux. Comme un pas militaire, dont les bottes résonnent sur le macadam. Ses paupières se ferment, et s’ouvrent, et se ferment, et s’ouvrent. Quitte à tout voir exploser, autant profiter des couleurs qui se dégagera de ce spectacle.

Vasiliy Ivanova

Vasiliy Ivanova
Jeu 15 Aoû - 19:31

Vide

Elle ne s'était pas attendue à ça. Si peu de respect, si peu de considération. Le choc soudain d'une main sur son épaule, qui la pousse pour la dégager du passage, comme on dégagerait une chaise qui n'a rien à faire là, comme on dégagerait n'importe quel obstacle inerte. On oublie l'espace d'un instant qu'elle a des pieds, une conscience ainsi qu'un système nerveux en correct état de marche. Des oreilles pour entendre, ainsi que suffisamment de bonne volonté pour faire un pas de côté au besoin. Mais chacun de ses sens, chacun de ses gestes, elle les emploi non pas pour céder à quelques politesse, mais pour éviter de se manger le sable. Parce qu'elle a failli se casser la gueule.
C'est sa faute. Pas assez alerte, pas assez attentive. Comme toujours. Dans son esprit résonnent les paroles de son entraineur, alors qu'il s'impatiente devant ses maladresses. Elle était parvenue à les corriger, ces derniers temps. Mais il reste le problème de ses émotions, lorsque la Souris est ailleurs, elle en oublie le reste du monde. Et c'est ainsi qu'elle manque de finir le cul par terre.

Ses yeux s'attardent sur l'abruti qui l'a bousculée. L'abruti qui s’époumone sur la japonaise assise. L'abruti en manque. Combien elle en a vu, des mecs à sec, des types à vide. Ne l'avait-elle pas pensé, ce jour là au pub, que les camés ne sont pas fiables ? Ils aiment, à mourir, mais retirez leur leur drogue, vous deviendrez alors la plus infâme ordure à leurs yeux, effacées les souvenirs et les propos. Ne reste que du vent, la colère, la soif.
Ça l'agace. Phym' était déjà d'une humeur somme toute relative. Pleine de ce vide incohérent, ce vide avide, prêt à se remplir de la première émotion négative qui passe, de s'en nourrir et de s'en sustenter, comme s'il n'existait alors plus qu'elle. Ça la rempli, ça la noie. Le visage de la tatoueuse se ferme soudainement, et à cette femme qui s'efforce d'être courtoise, car il s'agit davantage de courtoisie que de véritable amitié, elle se contente d'une réponse succincte.

- Ca va.

Mais elle n'a pas envie de s'asseoir, plus maintenant. Elle ne souhaite même plus se sociabiliser en fait. Elle était venue à contrecoeur, après tout des feux d'artifice, elle en a déjà vu cinquante, et c'est toujours la même chose. Des lumières dans le ciel, un peu de bleu, de jaune, du rose pour la cohérence, et des déflagrations, encore et encore. Ça lui nique les tympans, et ça lui nique les yeux. Phym' est davantage d'humeur à taguer un mur qu'à se flinguer les rétines. Mais ce ne serait pas courtois, de refuser à l'Oyabun une place à sa droite, après tout n'importe qui ferait tout pour pouvoir ne serait-ce qu'y approcher. Et qui est-elle, la minuscule souris, pour refuser ne serait-ce qu'une proposition polie ?
Phym' refait un pas, et puis elle pose son séant dans le sable. Et puis elle pose son dos, et elle fixe le ciel. Elle le fixe, et elle le fixe, comme si elle cherchait à s'y perdre, à se convaincre d'une solitude dont elle sent qu'elle a soudainement besoin.

Foutue fête.

Phymeris Deteripsa

Phymeris Deteripsa