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 Coffee, ginko & diplodocus | Morgan Marshall & Phymeris Deteripsa

| Dim 19 Mai - 19:22

Phymeris Deteripsa

D’abord un café. Long, noir, serré. De l’essence dans une tasse fissurée, de l’or noir pour une journée inachevée. Le temps file, implacable, il court et s’envole. Lorsqu’elle relève les yeux, il est vingt heures passés, et sa fatigue recouvrée. La Souris réprime un bâillement, une larme perle, glisse et roule sur l’arrondi d’une joue alors qu’elle patiente. Une, deux, cinq et huit secondes. La machine gronde, dégueule son trésor broyé. Elle en connait bon nombre qui ne supportent pas d’ingérer cette molécule jugée excitante après quinze heures, celle là où la théine, qui se plaignent de l’alerte provoquée, de difficultés à s’endormir. Elle, levée depuis trois heures ce matin là, ne pense pas qu’une dose de plus, ou de mois, changera quoi que ce soit à son état. Elle attend que le flot brûlant s’arrête, elle glisse ses doigts dans l’anse. Le mug est chaud, c’est agréable contre sa paume gelée. Il fait froid dehors, trop froid pour cette saison. A moins qu’elle ne soit en train de choper la crève, ça expliquerait sa fatigue, peut-être.
Ses pas la mènent à un pouf, négligé devant un écran de télévision éteint. Par terre, le tapis est couvert d’objets en tous genres. Ranger ne fait pas partie de ses qualités, crayons et pinceaux s’emmêlent et s’entremêlent, il y a des feuilles et des dessins partout, qui trainent et s’envolent. Elle en a parfois retrouvé dans la rue, parce qu’elle a oublié de clore le panneau de la fenêtre. Parfois, ce sont d’autres mayakoïtes qui les découvrent. Un vieillard qui accroche une feuille sous sa canne, une gamine qui la ramasse, coincée dans une plaque d’égouts. Ce soir, il fait trop froid pour laisser s’infiltrer un courant d’air agressif, alors elle essaie de ne pas marcher sur tout ce qui s’amasse au sol. Un crâne, une raie, un phare et une fleur. Dix ans plus tôt, alors qu’elle vivait encore chez son oncle, jamais on aurait eu à la reprendre sur l’état de sa chambre, Yukisada se voyait être une menace trop importante pour qu’elle en oublie ne serait-ce que de faire les poussières. Aujourd’hui, elle en a plus grand chose à foutre. Seul son matériel est soigné, et l’officielle et rébarbative paperasse administrative.

Son cul posé sur le coussin, elle prend une gorgée, savoure l’amer d’une boisson qu’elle ne sucre pas, puis elle allume la télé. Elle zappe, rezappe, cherche une chaîne intéressante, une série devant laquelle laisser son esprit divaguer, s’arrête sur les informations. Un bébé singe voit le jour dans un zoo à Tokyo, un attentat à Paris, la bande annonce d’une des dernières productions hollywoodienne, puis des sirènes, un double meurtre, deux visages affichés à l’écran. Deux faciès familiers, l’allure rude d’un chef de clan implacable,
la tignasse rose d’un avocat déjanté.

Son corps se fige, son coeur fait un bond. Il percute sa cage thoracique avec la puissance d’un taureau, la perfore avec l’acéré d’un poignard. Et puis il palpite, martèle, coup par coup, sa poitrine meurtrie, il tape si fort que durant un instant, elle n’entend plus que cet organe qui frappe et cogne. Quelques mots résonnent dans son esprit, une seule idée qui trouve écho entre les parois de la confusion. La mort d’un ami, la disparition d’un frère. Ca lui broie la gorge, ça lui retourne les tripes.
Elle n’écoute plus, n’entend plus. Les mots qui lui proviennent de l’écran ne sont plus qu’un amas de sons indistincts, un brouillard bourdonnant. Ca dure dix interminables secondes, puis une voix s’extirpe du vide, soudainement nette et compréhensible, un brusque retour à la réalité d’un monde qui se contrefout de sa douleur. Une dame annonce la météo, cette semaine il fera beau et chaud. Phyméris se fait la réflexion que ce n’est pas un temps pour un enterrement, et puis elle se demande si elle mettra une robe. Elle n’aime pas les robes.

Sa main tremble. Son corps tremble. Son esprit hagard peine à assimiler les informations qui lui parviennent, à vrai dire ses viscères ont toujours été plus réactives. Et puis elle imprime, et puis elle souffle. Ses larmes de fatigue se sont muées en des larmes de souffrance, elle a la sensation d’avoir un étau qui lui écrase la cage thoracique, mais elle souffle, expire, réfléchit. L’espoir vain d’un être endeuillé, elle croit en une erreur, cède à un déni naïf. Elle pose sa tasse sur la table basse, percute la bouteille, renverse du café, saisit son téléphone. Elle a les phalanges qui s’agitent plus dangereusement que celles de ces vieilles femmes atteintes de Parkinson, elle voit moins bien que ces hommes handicapés par une myopie avancée. Ses paupières ne sont qu’une maigre barrière à ce flot d’émotions qui la domine, mais en dépit de ce corps qui lui échappe, elle parvient à trouver le numéro du rebelle devenu modèle. La Souris lance l’appel, et puis elle écoute, comme elle le fait toujours. Elle écoute le vide, martelé de bip incessants, douloureux, et puis cette messagerie insupportable, voix déformée et mécanique d’un enregistrement automatique. Elle l’écoute trois fois, abandonne, cherche à concrétiser son espoir autrement, compose le numéro de l’une des proches de Morgan. Dans son esprit s’accumulent de naïfs arguments qui la poussent à valider sa thèse, des suppositions qui, après tout, ne semblent même pas si déraisonnables. Elle connaît cet homme, son goût pour le spectacle et sa volonté de parvenir à ses fins, elle connaît sa détermination et son culot. Ce coup de théâtre, cela pourrait n’être rien de plus qu’une comédie, de la poudre aux yeux pour aveugler un ennemi qui veut sa peau. Oui, vraiment, et puis elle imagine ce sourire qu’il arborerait, à voir ainsi une ville entière en émoi face à l’annonce de son trépas, elle l’imagine se fendre la gueule.

Elle écoute le vide, les bips incessants, encore, et enfin la voix d’une femme bien réelle. Elle écoute le délicat d’un phrasé réfléchi, et l’assuré d’un ton qu’aucune émotion, aucune tristesse ne trahit. Bientôt, elle obtient une réponse, la conclusion d’un suspens qui a fait d’elle rien de plus qu’une feuille malmenée par le vent, fragile et frissonnante. Ce qu’elle a supposé, ces choses qu’elle s’est dite pour réchauffer son coeur, puis dont elle s’est convaincue durant ces quelques minutes sont vraies. Et si le soulagement qui lui a tiré un sourire nerveux est sincère, Phym se sent encore terriblement mal.

La douleur qui l’avait saisie demeure, moindre, une plaie ouverte, à peine anesthésiée. Le vif de sa peine s’est muée en une anxiété qu’elle ne peut contenir. Alimentée par une dose considérable de caféine, par des émotions qui la chamboulent, elle l’a poussée à sortir de chez elle, à sortir pour se défouler. Une vingtaine de minutes plus tard, sa marche forcée n’a rien calmé.
Elle pénètre dans un pub du quartier nord. Elle pousse une porte, anonyme elle se faufile dans une maigre foule. Elle avance, cherche un visage connu. Dans la fumée, sous les néons, elle repère un rose pâle maudit, alors elle s’approche, et dans le dos du fautif, elle vient sévir. Ses doigts se glissent sur son oreille, ses phalanges se refermèrent sur le délicat de son cartilage, et elle tire. Comme on lui tirait les oreilles quand elle faisait une connerie, elle tire sur la sienne, pas assez fort pour lui causer le moindre dommage, assez fort pour lui faire un mal, assez fort pour qu’il tourne la tête.

- T’en as d’autre, des idées à la con comme ça ?!
| Jeu 23 Mai - 19:19

Morgan Marshall


Coffee, Ginko & Diplodocus



INT. QUARTIER NORD, PUB FOX&HOUNDS

Mes lèvres s’étirent en un mielleux sourire en coin. Phymeris Deteripsa. Mon regard s’était posé sur l’iPhone à l’écran qui s’illumine de manière saccadé. Une. Deux. Trois. Puis l’absence de ces flashs incessants pour ne laisser qu’à la présence d’une vie sa place dans son extinction. L’abandon. Mes lèvres entr’ouvertes exhalaient. En tailleur, reposé sur un oreiller à même le sol, j’élevais mon visage au miroir qui me faisait face. Seul, à l’intérieur d’une pièce où je m’aimais prendre le temps à la méditation. Je me confronte à mon propre regard de givre et y perçois toute la dureté. Assuré que Hisho ait fait son travail. C’était ce que je voulais. Une couverture sur ma mort. Pointer le doigt sur la véritable criminelle. Ma narine se plisse et je renifle par réflexe.


Phymeris Deteripsa.

Elle était là pour faire naître ma vision. Mes pupilles dilatées parcourent l’étendue de mon bras où sont dessinées d’incroyables feuilles de Ginko. Un tatouage traditionnel. De l’encre. De la souffrance. Ressentir l’instinct de survie comme passage naturel vers le monde spirituel. C’est ce que je l’avais obligé à faire. Ce qui s’était passé entre nous avait tout d’anormal. Je l’ai volontairement laissé, choquée. Elle qui connaissait mon corps pour l’avoir percé. On parlait d’un rituel et tout avait basculé à l’annonce de cette volonté. Entre sang et encre. Hurlement et délivrance. Supplication et endurance. C’est ce que je voulais et elle ne me contredirait pas. Elle était celle qui tatouait l’emblème qui portait ma vision, par extension celle de Mayaku. Elle me connaissait. Elle savait ce vers quoi je me dirigeais et au final, pas du tout. Elle possédait une force d’esprit que nous - elle et moi - n’avions même pas soupçonnés. Elle était l’une des salvatrices de The Dawn. Celle par laquelle d’autres se verraient eux de même conditionnés par leur instinct de survie et s’adonner à mes convictions. Mon index dessinait les formes de la tige du Gingko. Mon souffle, je n’entendais que ça. Et mon visage se déportait à nouveau pour le miroir. Mes lèvres s’ouvraient d’autant plus lorsque je repensais aux cendres, vestige de la mairie, que Phymeris a vu par Hisho. Cendres que mes yeux ont vues avec une profonde délectation. Mon visage bascule très lentement sur le pendant gauche de mon épaule. L’image. Mes mains à celles de Zhen. La fumée. Imposer le chaos. Autant de noirceur inscrite au cadre la nature. Une image qu’Hisho avait immortalisée aux yeux de tous. C’est ce que Phymeris avait vu. Ce qu’elle allait croire. Inévitablement. Pour que sa croyance dévie pour la volonté de me retrouver, parce qu’elle me connaissait comme bien d’autres. Je me redresse. Me considérait de pleins pied. Elle n’y croirait pas. S’y serait résolu. Et ça faisait partie du jeu.
Je me décide. Enfin. Descends ces marches qui me mènent à l’étage inférieur. Je suis. À la vue des Mayakoïtes qui se rendaient d’ordinaire au Pub Fox & Hounds. Chaque visage à moi. Chaque voix réduite à mon silence. Chaque émotion retenue. Pour me considérer. Je suis. Pour que le chaos règne sur Mayaku. Pour que les Mayakoïtes voient l’absurdité par laquelle on se joue d’eux. Pour qu’il me reconnaisse comme celui qui voit cette absurdité et les en écarte, de facto. Pour qu’il me craigne, s’il n’en était pas de cet ordre-là. Et que. Parce que je suis la negation. Aucun pouvoir, conséquences de violences, ne me résiste. Et que. Parce que je rejette tout principe moral et toute religion. Me revienne de droit tout ce que Mayaku possède. Et de droit ça me reviendra. Mieux que personne, je maîtrisais ce domaine. Mieux que personne, je savais mener ce territoire japonais. Et ce seront mes commandements qui marqueront l’Histoire. Mes commandements qui seront contés par ces personnes destinés à influencer Mayaku, à ceux qui tenteront de m’arrêter, pensent pouvoir me piéger, à, en une finalité, toutes les personnes pour qui Mayaku influence leur vie. Je descends de la dernière marche. D’un même élan un nordien tenta de s’attaquer viscéralement à moi et par une dague bien aiguisée, un membre de The Dawn lui lacère la gorge. Il tombe pour moi. Et sans l’estimer, je me rapproche du comptoir. Et ils m’acclament. Et je me fendais la gueule parce que tout ça, c’était absurde.

Entre les fumées et les néons. La fine silhouette de La Souris, vient. Ses doigts à mon oreille qu’elle tire. Assez fort pour que ça me fasse mal. Assez fort pour que mon corps se déporte pour elle. Phymeris. Nos regards se croisent par un échange électrique avant que mes yeux ne se préfèrent à la détailler de la tête au pied avec plus de douceur. H-hh-hhha, m-merde. désolé que ça t’ait autant plu! Lui annonçais-je avec un sourire naturellement charmeur, mon regard vide ancré dans le sien. Mes doigts récupèrent son poignet. Qu’elle me sente. Qu’elle comprenne que tout ça était bien la réalité. Un sourire, encore. Je te paie quelque chose à boire?



drugs
@morden
| Mar 9 Juil - 10:58

Phymeris Deteripsa

Il sourit. Ce p’tit con sourit. Charmeur, rieur, puéril. Comme si la vie était un jeu, comme si sa vie était un jeu. Plus qu’une partie de dé, car le hasard n’a rien d’exaltant, plus qu’une partie de poker, car le bluff n’autorise qu’un unique vainqueur. Plutôt une partie d’échec. Une stratégie appliquée à grande échelle où il est à la fois le joueur et l’une des pièces, manipulant et manipulé. Finalement, à peine plus qu’un marionnettiste habile et impitoyable, qui n’a aucun scrupule à sacrifier ses atouts au profit d’une cause, au profit d’une victoire. Il incarne le marionnettiste, il incarne la poupée de chiffon, il est l’acteur, mais avant tout le réalisateur. Celui qui, une fois son oeuvre connue, reste dans l’ombre, le spectateur des spectateurs, celui qui regarde la foule plutôt que le film, qui regarde les rires, qui regarde les larmes.
Qui regarde ses larmes.

Elle a envie de le gifler. Elle sent sa paume la picoter, ses doigts fourmiller, et ce sourire la narguer. Elle aimerait le faire disparaître, ce foutu rictus, détruire cette insouciance naïve qui la fait culpabiliser d’avoir été si émotive, d’avoir été dupée. Elle se sent bête, elle se sent idiote, une enfant blessée par une blague de mauvais goût. Une blague qui ne lui était même pas adressée au final. Elle abhorre cette sensation, celle d’avoir été manipulée contre son gré, celle d’avoir foncé droit dans le panneau, et de voir qu’il s’en contrefout, qu’il joue qu’il s’en contrefout. Comme si les dégâts qu’il pouvait causer ne lui importait pas, comme s’il ne devait surtout pas assumer en public un minimum de culpabilité, de compassion.
Elle a envie de le gifler, de lui faire ressentir tout ça. De se venger peut-être. Parfois, elle le hait, ce frère qu’elle affectionne pourtant tant. Elle le hait quand il est égoïste, elle le hait quand il l’est à ses propres dépens.
Ses doigts sur sa chair ne sont qu’un maigre réconfort. Phyméris perçoit sa chaleur sur sa peau, sa vie, son énergie. Il est toujours là, elle aussi, tout va bien dans le meilleur des mondes.

La Souris fronce les sourcils, oublie sa démangeaison. Elle pourrait opiner à sa rhétorique, mais elle à la gorge trop nouée pour faire un mouvement. Ses muscles sont raides, tendus. Elle mériterait un massage en plus d’un verre, ou un nouveau tatouage.

- Tu peux même m’en payer cinq, histoire de faire passer la pilule.

Elle sourit. Ses zygomatiques la tiraillent, ça sonne faux, mais il fait trop sombre pour que quiconque s’en rende compte. Elle est trop fière pour trahir davantage ses émotions, de fait, elle ne dira rien sur l’état dans lequel elle était quelques trente minutes plus tôt, ni sur sa colère. Après tout, elle le connait ce diplômé rebelle, son culot lui est familier, son ambition aussi, une part d’elle l’admire pour ce qu’il est capable d’accomplir. Elle relativise, s’approche, s’impose, se glisse entre Drei’ et un parfait inconnu pour accéder au comptoir. Son cul passe tout juste, mais elle a pas besoin de plus. Ces cinq verres, elle compte bien les obtenir, quitte à niquer sa soirée, autant faire ça hydraté.
| Aujourd'hui à 1:11

Morgan Marshall

Mes doigts délaissent le poignet de Phymeris qui pose son cul sur le tabouret. Je la suis. La paume de mes mains me hissent à même le comptoir. Le son d’Akane était bon. De la dark transe. De l’endroit où je m’étais placé, je pouvais la voir s’agiter derrière les platines. On s’capte, j’lui fait un clin d’œil. Elle remet son casque, j’agite la tête avant de déporter mon attention pour Phymeris. Tout sourire. Mes doigts s’entremêlent à sa crinière rouge. J’connaissais déjà sa bière préférée, alors, je bascule vers le serveur et lui passe commande. Il se presse, puis il nous sert les boissons avec un jeu de mains assez bluffant. Mes yeux se ferment, le verre entre mes doigts. Ma tête s’agite. Je glisse le rebord du verre a mes lèvres et boit quelques gorgées. Je jette un œil à l’ensemble du pub. The Dawn devenait une grande famille. Dommage que Phymeris n’en fasse pas partie. Cela dit, vue l’temps qu’elle passe avec moi, ca en devenait tout comme. Je n’avais pas envie de la forcer. Elle était assez mature pour savoir qu’elle se plantait. Je récupère son verre des mains du barmaid et le lui dépose sous le nez. Mon avant-bras touche le comptoir. Mon visage se place devant le sien. Je souris. La même que celle qu’on fait a Londres. Les lumières retenaient mon attention. Un coup violettes, un autre coup bleu. On s’en prenait pleins les yeux avec par moment de la fumée blanche. Et le temps tournait. Des nordistes allaient et venaient. Aucun débordement, pour le moment. Je m’apprêtais a discuter avec Phym’ quand soudainement on attrape mon bras et me tire vers l’avant. Jodi et Tink. J’me retrouve contre les deux, a me faire peinturlurer le visage, ça les amuse. Ça m’amuse. Elles me laissent, un diplodocus sur la joue, ma bière changée pour un irish coffee et je râle. Et ça les fait marrer. Mes yeux en l’air. Je prends le coffee d’une main. Mon bras tatoué des feuilles de Gingko colle celui de Phymeris. Toujours comme ça avec elles. On les arrête pah, ces deux-là. Que je lui annonce avant de me hisser à nouveau sur le comptoir. Mon sweet avait cette avantage de s’illuminer aux lumières UV du pub. Dessus, des personnages de jeux vidéo des années 90’, des tags, des caractères de déviances. The Dawn suintait la rébellion. On embrassait l’anarchie. C’est ce qui plaisait certainement à Phym’. Au fond, si elle passait le plus clair de son temps à venir me voir, c’était bien pour se couper des valeurs que Yumi imposait à l’Est. Mes doigts viennent se glisser sur sa nuque. Je me penche et la regarde droit dans les yeux. C’est terminé Phym’. Adieu la loi martiale. Adieu cette avare. Adieu cette m’as-tu-vu-princesse-impératrice qu’a fait d’Mayaku un ennuie déplorable. Désolé, derrière sa politique, il n’y avait rien. Des opinâtres, des relates d’opinâtres et entre Mayakoïtes, des débats d’opinâtres. Ça fait chanter les médias, ça t’fais croire un tas d’choses qu’au final t’en a rien a foutre. Sur la fin, elle y croyait elle-même plus. Phym’, la Mairie c’est qu’un début. Je veux dire, il va falloir s’y faire. ‘fallait que j’me fasse passé pour mort, pas pour elle, pour les tiens. J’suis pas ton frère, Reiji est parti et çah - sa mort - çah n’faisait pas partie de ma stratégie. Phym’, l’père de Yumi a tué le mien et on m’a vengé. T’parles trop Drei. T’es au courant au moins? Il suffisait que je mette un pied dehors pour me foutre en l’air. Entre les frères de Yumi, les pro-Endô, les anti-Gaijin, tout ça annonçait rien de bon pour moi. Perché sur le comptoir, mes jambes se balance. Je croise Akane de loin. Lui sourit. Je descends. Il me fallait sniffer. Je récupère la poudre depuis la poche de mon sweat et l’étale sur le comptoir. Ma nuque fragile s’élance en suivant le rythme entrainant de la musique sourde et vibrante. Pendant ce laps de temps, l’alcool me tournait, Phymeris n’était plus là et bon sang, qu’est-ce que j’avais envie de ce rail. J’trouve ma carte. Apprécie le son. Claque ma carte. Regarde la poudre parfaitement aligné. Tout sourire. Ma nuque fragile suit le rythme de la musique. Sourde. Vibrante. Les deux rails. Mon index à ma narine. J’inhale. Redresse la tête. Exhale. Papillonner des yeux. Dévoiler à l’Esteuse ma grande gorge et uniquement détourner l’œil pour finir par la remarquer, elle qui se fait appeler la Souris, tant elle est silencieuse. Elle a qui je devais mon tattoo et ceux sur les prochains endoctrinés. Je finis par venir derrière Phym’. Mes mains à ses épaules. Ils glissent jusqu’à ses bras. Et mon torse contre son dos. Ma joue contre son épaule. J’étais défoncé.



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@morden