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 Rendez-vous discret [Marshall]

| Lun 28 Jan - 22:10

Phyra

La femme entre, s’avance, parcoure des yeux le hall d’accueil, comme si elle cherchait quelqu’un ou quelque chose. Finalement, elle se dirige vers le comptoir. Sans dire un mot, elle y tend un papier où est noté un nom, pseudonyme du client, et un numéro de chambre.

On lui jette un regard mauvais mais on lui répond, donnant une direction et un étage. Elle hoche la tête et reprend en main la petite mallette qu’elle vient de poser au sol. Sa démarche est légère, inaudible. Elle est fantôme parcourant les couloirs de cet hôpital. Son air pâle, ses cheveux blancs et son pardessus rouge vif lui valent quelque coups d’œil désobligeant mais rien ne semble l’atteindre.

Finalement elle s’arrête, vérifie une dernière fois et frappe trois coups parfaitement synchrones avant de rentrer. La pièce est spacieuse, luxueuse même, pour un hôpital publique. Les décorations y sont menues mais présentes, se mariant avec la couleur blanche qui prédomine l’ensemble. Enfin, un lit y est placé, au centre, près de la baie vitrée qui donne à voir sur Mayaku et, plus loin,  les restes de la mairie.

Un jeune homme est dans ce lit, silencieux lui aussi, il détail l’arrivante du regard. Celle-ci s’incline à la mode japonaise et finalement parle :

« Bonjour M.Morden, je suis votre consultante en gestion de conflit. Vous avez souhaité faire appel à mes services je crois ? »
| Mar 29 Jan - 0:06

Morgan Marshall


Parce que j’étais à mon lit, à fixer le vide comme si j’étais foutu. Creux. Tout mon corps l’est. Mon esprit avec. Cette balle qui transperce la peau. Ces murs blancs. Ce lit blanc. Ces tenues blanches. Leurs seringues. Leurs visages fermés. Leurs silences. Les mains à mon corps. Les onglets à ma peau. Un, il est réveillé. Le silence encore. L’impartialité qui se tue par leurs jugements profonds. Elle était en cendre, la mairie. Il était mort, Reiji. Elle était silencieuse, Zhen Endô. Laissez-moi vous rappelez que Mayaku a existé et existera à travers la drogue. Laissez-moi vous guider à elle et la sacrosainteté de The Dawn. Il respire, l’une avait dit avant de partir, comme si ça l’insupportait.
Sortie de mon coma, les quelques semaines plus tôt, Myra Atkins avec qui j’avais couché avant l'événement m’avait annoncé qu’elle était enceinte. Des nouvelles d’eux, je n’en avais plus. Du tout. Je passais mon temps à me lever de ce lit mortuaire. Epier les cendres au loin. Sourire à ce qui, fût. Sourire à ce qui, est. Ces murs blancs, cloîtré, me rendait nerveux. Le manque. Le sevrage. La torture. Certains disaient qu’il fallait me tuer, que personne ne le saurait. Qu’après tout, ils étaient à l’Ouest, que le Nord ne leur en voudrait pas. J’étais fatigué. Les doigts à mon iPhone XR, t’appelles comme une redevance. God, que le droit me manque.
Des dagues. Mes initiales gravées dessus. Une valeur inestimable. Elle venait d’angleterre et je m’aimais à faire appel à Phyra pour ça. Toujours les bons contacts. Phyra, c’est une belle femme. Elle aurait pu faire partie des miens, trahit par un fort caractère bielorusse. C’était elle, qui de sa voix, me fit détourner l’attention.
Parce que j’étais à mon lit, à fixer le vide comme si j’étais foutu. Parce que j’pensais que jamais elle n’me trouverait rien qu’en lui donnant mon pseudonyme d’assassin. Mes lèvres s’entr’ouvres, pour vrai, qu’elle avait une prestance, Phyra. Un frisson me donna à gigoter pour me reprendre. À l’intérieur de sa malette, elles se reposaient. Elle les avait. Mes cils s’entremêlent avec lenteur. Mes dents du bonheur agrippèrent la lèvre inférieure à la vue de ce qu’elle possédait entre ses doigts. Incapable de m’exprimer. Mes épaules me tendent à me redresser. D’un léger mouvement de tête, je réponds à son salut japonais. Les pliures du drap lorsque mes jambes se croisent. Mes doigts qui le parcourent et se décident à ne plus le lâcher. Mes yeux retenues par ceux de Phyra descendaient tardivement à ses formes jusqu’à son poignet, ses doigts, et elles. J’expirais.



drugs
@morden
| Mar 29 Jan - 9:43

Phyra

La femme a déjà vécu ce moment des dizaines, des centaines de fois même. Et pourtant, elle en reste toujours autant fascinée. Ce regard quand on apporte à l’autre ce qu’il désire, quand on lui offre la possibilité, l’outil, nécessaire à ses actes … Peu importe qu’il est, cette lueur brille dans son regard à ce moment là. Toujours comme un gamin devant le sapin de Noël, peu importe les apparences extérieures.

Toujours fut-il qu’elle connaissait le protocole. Prenant la mallette dans ses bras, à hauteur de regard de M.Morden, mais jamais directement pointé vers lui. Elle en défit les attaches et en ouvrit le double fond pour en dévoiler le contenue et commença à en décrire celui-ci:

Deux magnifiques dagues à double tranchant en acier noir inoxydable type ‘’8Cr13MoV’’, résistantes et facile à garder aiguisées en toute circonstance. Elle avait elle-même choisie une plaque en 58 HRC afin d’obtenir pareil résultat. Aux formes traditionnelles anglaises, reconnaissable en autre par leurs manches si caractéristiques, ces lames offraient en plus la délicate fioriture de porter les initiales de leur futur maître gravé sur la lame. Le contraste entre l’acier noir et les lettres offraient l’étrange impression que celles-ci avaient été coulé dans l’argent même et par un étrange procédé, implanté dans le métal. Le tout parfaitement équilibré évidemment. C’était un chef-d’œuvre d’artisanat létal.
 
Métaux chinois, lame et gravures françaises, manches et assemblage anglais. On parlait ici du genre d’arme qui vous faisait sentir riche quand on vous tuait avec.
 
Après la présentation, la rouge plaça la mallette, dont l’intérieur était tapissé de velours rouge, devant M. Morden afin qu’il puisse profiter de ses nouveaux jouets. Attendant de savoir si le client en était satisfait. Bien qu’elle n’en douta pas une seule seconde.
| Mar 29 Jan - 20:41

Morgan Marshall



Le claquement d’une mallette qui s’ouvre. Elle l’amène à moi. La dépose non loin de ma main posée sur les draps, et j’aperçois. J’aperçois déjà le velours rouge qui les retient. Mes longs et frêles doigts de violonistes glissent, touchent, découvrent et s’emparent d’elles. J’étais sur un niveau d’exigence où je ne laisserais nul droit à la faute. Il me fallait ce temps nécessaire à l’observation minutieuse des dagues ; comme si plus personne ne figurait dans cette pièce. Un théâtre sans spectateur. Une satisfaction solitaire. Une de plus. Phyra, pour me connaître, avait déjà acquis que je ne la considérais pas - ou bien qu’un peu de sorte à se comprendre - et que ce genre d’exclusion propre au camé, s’était accentué depuis que j’avais monté The Dawn.
Mon index parcours les lames à double tranchant en acier noir inoxydable type '8Cr13MoV'. Mon oeil ne me trompait pas. Il se reflétait, même, tant elles luisent. Des formes traditionnelles anglaises avec la particularité que j’avais demandé, être travaillé de manière curviligne en canine de chat pour chaque lame. Mes initiales - MDM pour Morgan Dreiden Marshall - gravées d’une typographie de William Calson, nommée Monotype Old English en bas de casse. J’étire à peine mes lèvres. Je commence à faire tourner une dague entre mes doigts, puis l’autre. Doucement, puis progressivement à un rythme qu’il l’eût fallut maîtriser par pratique. Une bonne maniabilité est essentielle. Tout autant que les dégâts que ces précieuses allaient pouvoir infliger.

Mes omoplates retrouvent l’oreiller. En tailleur, mon regard considèrent un bon moment les deux dagues. Le revers de ma main se porte à mon nez. J’inspire profondément.

Death is before my eyes, for me to love. Please don't mind.



drugs
@morden
| Mer 30 Jan - 11:24

Phyra

La femme s’incline pour préparer sa sortie. Elle n’a plus rien à faire ici, la satisfaction du commanditaire est palpable et le marché est avéré. Encore une fois. Mais quelque chose la retient au dernier moment. Son oreille entrainée détecte un son étouffé suivis d’un bruit mat. Un tir silencieux et un corps qui s’affaisse ? L’aurait-on suivi ? Non ... En entrant elle avait repéré deux gardes, en surveillance discrète dans le couloir. Hors, il n’y avait eu qu’un seul mort. Un règlement de compte interne était plus probable.

D’autres pas se font entendre, plus clairs, s’approchant de la porte. Cinq, peut-être six personnes, sans doute des hommes, en tenue de ville d’après le son de leurs semelles. La femme doute qu’ils fassent dans le détail quand ils entreront ici. Fuir ? Un rapide coup d’œil par la fenêtre confirme ce qu’elle savait déjà. Elle ne survivrait pas à pareille chute. Se rendre ? Mauvaise idée. On ne souhaitait que rarement des témoins à ce genre d’événement. Soit. Elle est donc impliquée. Dommage pour eux.

Le client est passé en anglais, bien, cela pourrait préserver l’effet de surprise.

« Sorry to disturb you sir. But I’m afraid to be in the need to push you off. »

Et joignant le geste à la parole elle renverse le lit médical, forçant le jeune homme à glisser entre ce dernier et la fenêtre. Un dernier coup d’œil à l’armature métallique et elle bondit par-dessus la couche à son tour, s’abritant là où le métal lui semble le plus épais pour dégainer une arme, un glock.23 assez banal, au moment même où la porte se fait défoncer.
| Ven 1 Fév - 23:11

Morgan Marshall


Un premier coup de feu. Un homme à terre. Mon attention s’était dirigée vers la porte quand Phyra me dégagea des draps. En soubresaut. Je tombe sur mes avant-bras. À l’abris. Les yeux faisant face à son Glock 23. J’observe la biélorusse à l’air peu convaincue de se rendre. Pourquoi, en entendant le tir, l’homme à terre, leur arrivé, avait-elle voulu me protéger? Mes dagues entre les doigts, ils ouvrent. Ne pouvant qu’agir au corps à corps, je n’avais pas d’autres choix que de lui faire confiance. Mon nez s'élève pour elle. On entendait les respirations fortes. Mon regard s'ancre dans le sien. Malgré la fatigue, il allait falloir se battre et s’échapper. Se faire confiance.
Il n’y avait plus que mes lèvres pour articuler à son attention un,
One, two, three.

Shot!

D’un même mouvement, je fais une roulade qui me dégage du lit et les laisse m’apercevoir. Ce temps de compréhension, je l’utilise à m’avancer vers l’un des six présent dans la pièce. Ce temps, aussi micro soit-il, mes dagues arrivent de part-et-d’autres de sa gorge, et je le tombe. Le sang jaillit. Ils commencent à m’agripper, saisissant une épaule, le pan du tee-shirt que je portais pour chercher à me bloquer au mur. Tout ça au travers d’une valse oppressante pour s’extirper des balles tirées. Si j’avais sû planter une dague directement à la traché d’un d’entre eux, l’autre parvenait à m’étourdir d’un coup de poing ferme à la tempe. Mes omoplates et ma nuque se claquaient contre le mur. Je commence à glisser malgré moi, alors que mon bras tout entier plaqué au mur, pensait pouvoir me retenir. Des allusions. Sortie d’un coma il n’y a seulement qu’une semaine. Triste déception.



drugs
@morden
| Sam 2 Fév - 11:52

Phyra

Le jeune homme articule. La femme hoche la tête sans bruit. 3 … 2 … 1 …

Il roule, elle se redresse. Regard. Trois en formation triangle dans la pièce. Deux à couvert dans l’encadrement de la porte. Éventuellement un de plus en extérieur. Le flingue est déjà dans l’axe, elle tire. La balle touche celui de droite au visage, 12, la seconde frappe à la jambe l’un des abrités, 11. Le malade a égorgé celui de gauche et se fait maintenant tabasser contre le mur.

Bien. Cela lui achète un peu de temps.

Elle finit d’une balle celui qui s’est effondré dans le couloir, 10, et décale son angle, attends que le dernier sorte, silencieuse. Une demi-seconde passe, une éternité quand on est à deux doigts de la mort.

Rien.

La femme prend le risque, une balle dans la tête de celui qui est occupé à refaire le visage du client, 9. Toujours rien. Elle tend l’oreille par-dessus les acouphènes. Aucun bruit mis à part celui des corps mourants. Mercredi.  Ils se sont tirés ?

Elle enjambe le lit, braquant toujours la porte, si un des gars à terre fait le mort elle est foutue, purin, qu’est-ce qu’elle a peur. Mais elle y arrive entière. Elle n’entend personne dans le couloir mais elle ne veut pas prendre le risque. Son regard se tourne vers le jeune homme ensanglanté au sol.

« Allez-y, je vous couvre M.Morden. »
| Dim 3 Fév - 14:34

Morgan Marshall


S'efforcer à se redresser. Une tempête de corps étalés à mes pieds. J’étais vidé. J’étais terrifié. La dernière image de mon père. Ma nuque, d’origine fragile, me brûlait. Les acouphènes. Ils étaient là, gisant sur le sol, ces japonais, avec leur regard haineux à mon encontre. Phyra était marquée par la peur, elle aussi. Elle ne me regardait pas, et mes sourcils se froncèrent lorsqu’elle m’annonçait de partir. Je déglutis. Une larme de sang roulait à la commissure de mes lèvres, une deuxième. J’expirais. Les acouphènes. Tout ce flou. Mon visage s’agita de part-et-d’autre avant de soudainement atteindre la porte pour la claquer, nous retrouver un à un.
Pour avoir bien compté, connaître la contenance du Glock23, il fallait qu’elle le recharge. Mon visage s’ancrait au sien. D’un même mouvement, je me retrouvais à claquer son corps contre le mur. Mon avant-bras droit plaqué fortement contre sa poitrine, le revers de ma dague entourait sa gorge. L’autre dague pointait strictement son bas ventre, on y sentait la pointe. Mes adducteurs collaient sensuellement les siens.

What if its not? aeh?




drugs
@morden
| Dim 3 Fév - 15:02

Phyra




Répugnant.

La femme lève sa main droite, celle tenant et ouvre son poing présentant une fine main tremblante. Elle se rend.

L’arme tombe.

Il a gagné.








Mais sa main gauche, bien plus basse, collée contre sa cuisse, la rattrape, le canon pointé vers le haut, la crosse dans le creux de sa main, inverse. Le pouce sur la détente.

La détonation est sèche. Explose le poignet qui tient serrée la lame contre sa gorge dans un flot de sang et d’éclats d’os qui recouvre son visage. 8

Elle peut sentir l’autre lame lui rentrer dans le ventre, comme une sensation de froid parcourant l’intérieur de son corps. Combien de fois a-t-elle été blessée par sa propre marchandise ? Elle hait cela.

Alors elle relâche la crosse, laissant l’arme tourner autours de son pouce, revenir à une position plus normale. Et elle ouvre le feu à bout pourtant.

7, 6, 5, 4, 3, 2, 1,

… 0

Le sang de l’homme se mélange au siens. Il est depuis longtemps effondré au sol. Et la souffrance vient maintenant, des larmes creusent des sillons sur ses joues, elle va mourir non ? Elle va mourir ! Elle ne veut pas mourir ! Elle ne veut pas mourir !!

Elle doit partir. Elle presse une main contre son ventre, maintenant la dague en place et quitte la pièce en claudiquant. Quelle ironie d’être dans un hôpital et de ne pouvoir s’y soigner. Il faut qu’elle trouve Vaska.
| Dim 3 Fév - 16:29

Vasiliy Ivanova

Le sang et l'asphalte

Le moteur gronde, au rythme de la cendre, qui tombe, de sa cigarette. Et de la fumée, qu’il expire, et qui s’envole, vers quelques nuages, plus gris, plus gros, là-haut. Du bout des doigts, il caresse le volant. Et son regard se perd, par instant, dans les rétroviseurs. Il n’aimait pas faire ça. Servir de chauffeur. Vulgaire taxi. Un conducteur Uber. Mais il n’avait pas conduit depuis des années, depuis que son bras était parti en lambeaux, dans une explosion. Et l’idée de sentir, à nouveau, le grain de l’asphalte, l’emballement du moteur, et la ville et la vie qui défilent, dans le rétroviseur, n’est pas pour lui déplaire. Un léger sourire, tout au plus. Il ferme les yeux, tire une ou deux taffs sur sa cigarette. Il avait enfoncé un CD de Leningrad, un version pirate qui traînait sur internet. Il n’entends pas le grabuge secouant l’hôpital. Il ne voit pas tout ceux qui fuient. Mais il sait. Phyra est à l’intérieur, pour affaire. Et elle lui avait demandé de l’attendre là. Au cas où. Et tout ça puait. Mais il attends, patiemment. Il n’avait pas volé de voiture depuis dix ans. Le plus emmerdant avait été de trouvé une boîte automatique. Il avait finit par y arriver. Et il profite du confort de ce siège, et de la musique qui sort des enceintes et de la nicotine qui rentre dans ses poumons. Dans l’œil de la tornade, c’est plutôt calme.

Jusqu’à ce que la porte s’ouvre. Le mégot tombe sur le bitume, et il se tourne pour la voir s’allonger sur la banquette arrière. Sérieusement ? Comme un putain de taxi. Fais chier. Il soupire, regrettant de la voir déjà pointé le bout de son nez, de ses cheveux blonds, de son manteau, rouge. Qui dégouline sur ses doigts. Sur son ventre. Et sur le cuir noir de la voiture. Elle est blessée. Elle panique. Ses yeux tremblent quand elle le regarde. De peur. Mais ce n’est pas de lui qu’elle a peur. Même s’il devrait peut-être en profiter pour la laisser crever. Et regarder mourir une partie de son passé. Comme brûler un temple, et regarder tout tomber en cendre.

« Sérieusement, je vais devoir laver la banquette à cause de tes conneries. Ou brûler la caisse. Tu pouvais pas faire attention ? »

Mais le monteur ronronne déjà, et la voiture s’enfonce dans les rues de Mayaku. L’hôpital disparait dans le rétroviseur, et la tâche de sang grandit sur le ventre de la biélorusse. Quelques jurons franchissent les lèvres du conducteur. Cyka. Dont le sourire s’agrandit, au fur et à mesure que la voiture avale le bitume. La déposer dans un autre hôpital n’est sans doute pas la bonne solution. Elle allait devoir s’accommoder d’un rafistolage maison. Avec de la vodka en guise de désinfectant. Et de la weed comme anti-douleur.

| Dim 3 Fév - 18:39

Morgan Marshall


Trahit par la fatigue. Épris par la folie. Elle s’était empalée à la dent de chat de ma dague, d’une fraction de seconde j’en perdais mon poignet. Laissant derrière moi mes dagues pour chuter à terre. Chaque coup de feu de la biélorusse me détruisait un peu plus. Le flou. Le corps ripant contre le mur. Mon hurlement. Phyra quitta l’endroit. Mes dents à ma lèvre inférieure. La respiration saccadée. Les gestes, dénués de sens. Mon visage dodeline. Entouré par ces figures mortes qu’on m’avait envoyées pour me faire disparaître. Flashback de mon père. Ça tourne, tourne, tourne en tête. Ça ne veut pas cesser. S’entrechoque par l’annonce de Myra d’être devenu père d’un enfant que je ne voulais pas. L’absence de ceux avec qui j’ai monté The Dawn. La pâleur qui m’accapare.
Il ne me restait plus que ce mur pour me faire comprendre que je vivais encore. J’étais incapable de redresser ma main, parce que je ne la sentais plus. Phyra m’avait privé de mes capacités de réflexions et, d’instinct animal, je n’arrivais à ce moment qu’à rendre pour passer le mal. Elle était partie, laissant à deux japonais la liberté de revenir. Revenir plus nombreux, plus armés et bien plus préparés. Mon nez se relevait lentement du sol. Je me trouvais tremblant. Terrifié. Les nombreux coups de feu avaient fragilisés mon écoute, tout semblait bourdonner, tourner, s’illuminer de lumières surréalistes.
Il ne me restait plus que les dagues pour m’en sortir. Mes doigts suivaient le sol pour les attraper. Il fallait que je me lève. Il fallait que je me lève, car ils arrivaient. Ils arrivaient et je n’allais pas me rendre. J’enculais toutes les règles de cette ville, j’enculais chaque quartier, chaque discours, chaque acte prémédité, médiatisé, et socio-économico-politisé, chaque abus de pouvoir, chaque morale, chaque principe dont ils se plient tous, chaque Dieu ou représentation divine quels qu'ils puissent être, je crachais sur mon protestantisme et sur celui en qui je croyais jusqu’alors.
Je n’étais pas mort, le déshonneur de mon karma. L’éclat de mes os à mon poignet. Mon sang et mes renvoies. Ma pâleur et ma froideur. Mon courage et ma désinvolture. Derrière moi je mettais une croix d’honneur à la causalités, les intentionnalités et les normativités de l'existence. Je tremble. Ma dague se planta un bon nombre de fois contre le mur pour m’aider à me redresser, mais mon corps se mouvait contre le mur à chaque fois, à chaque fois pour retrouver la terre ferme. Je n’étais pas mort. Alors je recommençais. Je plantais la dague au mur pour me redresser. Mon être tout entier vibrait, terrifié. Ils n’avaient qu’à me pointer de leurs armes à feu pour me finir. Sauf que je n’étais pas mort. C’était ma marche sombre. Et la personne qui les avaient amenés sera surprise de mon silence déraisonnable et de la force que ce silence possède pour arriver à aliéner. Réduit en cendre. Réduit à la pâleur de mon visage, la froideur de mon vécu et à la survie d’une existence à laquelle je ne croyais plus. La dent de chat se retire du mur, et je refais volte face aux japonais. Le regard vide.

Écoutez-moi, même si c’est trop tard pour vous le dire maintenant, vous avez de la merde dans les yeux pour croire qu’achever le mentor marquera la fin de la tragédie. Qu’est-ce que vous pensez!? Tout ce que je fais n’a aucun sens pour la morale de Mayaku éprise de l’intérêt dérivée par des personnes qui n’ont aucune vision! I'LL PISS U OFF.




drugs
@morden
| Dim 3 Mar - 21:37

Phyra

Il avait fallut du temps avant que le courage ne leur revienne. Du temps et des menaces. D'autres coups de feu avaient entre temps retentis. Des cris aussi. Une folie entière était passé loin de leurs yeux.
Les deux hommes restant se regardèrent. Les "renforts" seraient là dans quelques minutes, restait à savoir si leur premier échec leur serait pardonné. La gorge sèche, le plus jeune tandis l'oreille, mal à l'aise.

Seul le silence lui répondit. D'un petit mouvement de tête il fit signe à l'autre. Si la cible avait voulu fuir avec cette étrange femme elle en aurait eu largement le temps maintenant. Autant lancer les autres à leur poursuite et disparaitre dans la foulée proposât-il rapidement à son compère qui accepta sans broncher.

Pas à pas, les deux hommes se rapprochèrent de la chambre d'hôpital. Tentant de contenir leur nervosité. Sur le chemin ils ne croisèrent que les cadavres et rien d'autre. Du bout du canon le plus vieux poussa alors la porte et entra, suivis rapidement par son compère.

La cible était encore là, vivante, mais en sale état. Ils échangèrent un œil, le braquant, incrédules, alors qu'il se relevait. A cet instant les hommes hésitaient entre espoir et peur panique. Ils savaient que cet homme, même blessé comme il l'était, pouvait encore les tuer aussi surement qu'un autre échec.

Mais il n'attaqua pas. Il se contenta de parler. Des mots de haine, de menace. Des mots qui auraient eu leur effet si ils avaient fait ce qu'ils faisaient par conviction.

Mais ici ce n'était qu'une question d'argent.

Le plus vieux sembla alors se souvenir de qui il était. Il changea sa prise sur son arme et fit deux pas en avant, bien déterminé à assommer l'homme. Voilà qui allait ravir Endô pensa-t-il alors que les sirènes des unités d'intervention spéciale se faisaient entendre dehors.
| Jeu 7 Mar - 13:13

Yumi Shinogaï

WelcomeTo the party



Une soirée placé sous le signe des embrouilles. Des coups et des injures. Des supplications et des menaces. Une nuit en somme habituelle pour un yakuza sur le terrain. Je n’y étais pas à vrais dire mais chaque mots prononcés cette nuit-là ne m’échappe. « Shinobu Gaï, c’est terminé. Reiji est mort, personne n’assurera vôtre suite » ; « cette pègre ne vous reviens plus » ; «famille maudite » souffle coupé.
Les toilettes de cette hôpital pu la mort et m’y piquer semble dangereux. Malgré chaque parcelle de mon corps criant au scandale, je n’hésite pas et plante lentement une aiguille dans l’une de mes veines. Il m’en fallait beaucoup plus pour enfin respirer mais ça sera suffisant pour supporter la journée. Ouais, l’hôpital était devenu mon second perchoir depuis mon sacre en Oya. Mes hommes ce font agresser et ça ne me plaît pas. J’ai besoin d’un second et je n’en ai pas encore bien que j’y met déjà un nom,  un visage et un tempérament. Un soupir quand la seringue tombe au sol et un « Merde... » quand je tente de la récupérer. Elle finit dans la poubelle, sans plus, ni moins de précaution car, qui pensera que de la drogue y était. Un nouveau soupir quand je sors de là, putain, enfin de l’air. Un air comprimé et mauvais. Un air que je sens gangrené de maladie et de mépris.
Une journée qui semblait ressembler aux précédentes. Hôpital, hommes blessés, identifications des corps, maison, dodo.

_ hhh . . .

Mes pas sont las et mes ambitions à la baisse. Dévasté d’une perte dont le deuil s’allonge chaque minutes de ma vie. Perdre un père de manière sauvage, traîner son corps, l’observer, sentir son dernier souffle contre ma peau. Un frisson parcourt mon échine et des relents violents prennent mes tripes. Ratant un pas, je me rattrape à un brancard et expire lourdement. Des perles de sueurs, un début de badtrip violent. Le teint blafard et les lèvres gercés, des cernes creusant la solitude de mes pores. J’expire. . . Bruyamment. La mâchoire crispé et les traits peiné. Putain c’que j’ai mal. Putain. . .
La routine d’une dépression. La routine d’une paranoïa quand avec rapidité, je cherche autour de moi. Je crois devenir folle mais ce bruit m’est familier. Un coup de feu comme l’effet d’une balle dans la cage thoracique. Tantôt courbé comme agonisante, l’autre droite comme un piquet. Je cherche, tourne en rond et ne croise aucun regard. Personne, il n’y a plus personne. Infirmiers et médecins ce sont confinés dans les chambres de patients. Un homme affolé arrive à ma hauteur et m’attrape par le poignet pour m’enfermer à mon tour. Je proteste en le poussant et commence à avancer. Ce n’est pas normal, ce n’est pas réel. J’expire bruyamment et tourne au prochain couloir. L’homme abandonne, lâcheté humaine. Un grognement du fond d’ma gorge, je veux savoir c’qui s’passe. Chaque pas me rapproche de la mort et l’adrénaline pompe dans mon cœur.
Un carnage. Du sang partout, du sang. . . Essoufflé sans effort mais consciente du danger environnant. Je reconnais ce couloir et une soudaine panique me prend. Plusieurs heures auparavant , je l’avais foulé. Ce sol immaculé et cette porte fermé. Marshall, c’est sa chambre. La chambre du mort. Mes lèvres tremblent et mes poings se resserrent. Je m’insulte de ne pas être resté là à attendre qu’il sorte. Sentiment culpabilisant quand je parcours le mur pour éviter les corps. Aucun d’entre-eux ne me dit quelque chose, une milice ? Lente et déterminé, j’avance sans faire de bruit. Mais du bruit, il y en a. Cette voix vomissant son mépris, hurlant son désaccord et son mécontentement. C’est mon Dreiden. Un petit sourire et un certain soulagement. Mais ce n’était pas fini.
Deux hommes dont le dos s’offre à moi. L’extérieur d’une chambre dont la mort semble chanter joyeusement. J’expire bruyamment et n’attends pas pour faire quelque chose. Le tantō que je dégaine de mon holster fend l’air et s’écrase dans la tempe de l’homme resté en retrait. J’ai du sang plein l’poignet mais ça ne m’arrête pas. Une furie entraîné et dépourvu de peur. Le second homme, alerté du bruit, celui d’un os transpercé, se retourne à demi. Il n’aura pas le temps de faire plus, il n’aura pas le temps de respirer une dernière fois. J’attrape sa chevelure d’une main et le pousse au mur le plus proche. Un coup, premier fracas. Second coup, le crâne commence à céder. Et tu peux tirer coco, tu n’atteindras personne. Un troisième coup pour l’assommer une bonne fois pour toute. Dépourvu de force, il glisse au sol et s’étale au côté du blondinet. J’expire bruyamment. . . et j’écrase ma botte contre son crâne. Remake d’un meurtre sans pitié, je recommence. Recommence jusqu’à ce finalement, il n’ait clairement plus d’visage. Un petit sourire s’était tout du long, plaqué sur ma gueule. Vicieuse et intouchable… Je recule pour aller récupérer mon mini katana et le range sans daigner le nettoyer dans l’holster. J’inspire bruyamment.
C’était qui eux, d’abord ? J’avale ma salive et fait quelques pas vers Dreiden. Je remarque les dégâts et mes traits deviennent empathique. C’est moche à voir et . . . C’est moche. Mais je ne dis rien qui pourrait l’achever, je l’aide à se relever et le traîne lentement vers son lit. Image d’un père crevant sur un trottoir, j’expire putain de bruyamment et prend mon crâne de ma main ensanglanté.

_ papa . . .
 

Non. Je crois devenir folle. Je le regarde sans rien faire un moment. Mais décide d’appeler rapidement un gaijin. Ma main propre glisse sur son épaule et je frémis à ce contact. Cette peau laiteuse. Cette personne. Je murmure en l’aidant à se relever

_ un petit effort pour Yumi, Marshall. Je t’emmène loin d’ici, tu y seras en sécurité et. . . soigné.


On marche vers la porte et dans un éclair de génie, laissant Dreiden se tenir à la porte, je m’accroupis au premier homme pour lui faire les poches. Mais rien, un simple cellulaire jetable. Je le prends et le fourre dans ma poche avant de retrouver les épaules du blond.

_ on part de là, t’en fais pas.



Ͽ Dark

Hime '


Coups de coeur ♥
RPG-Chevalier