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 Deep woods hide saints of another kind — holy, unholy, beast and divine [Ft. Avery]

| Mar 4 Sep - 0:40

Pandore Khamsin

This is the start of how it all ends.

Résidence Lowson - A l'occasion d'un vernissage - 21h23

Le talon de ses Louboutins sur les pavés
marbrés du hall. Son reflet sur l’argenterie, les poignées de portes, les boutons de manchettes. Tâche floue de rouge, de coquelicot, de carmin, de vermeil et de rouge. Le crissement de ses ongles sur le cristal de la flute d’Armand de Brignac et la saveur sur ses lèvres, sur sa langue, sur son palais – fruité et floral et délicat. Elle n’a jamais sut pourquoi le champagne. Pourquoi il était si cher et pourquoi il était si réputé et pourquoi il était si –dégueulasse. Elle, elle a toujours préféré un bon whisky ou à la limite, un petit cocktail à base de tequila. Mais Mère disait toujours que les alcools forts étaient pour les hommes ; pour ceux qui perdent l’esprit et qui perdent leurs buts de vue, pour ceux qui veulent abandonner, juste un instant, juste un souffle ou juste un baiser ou juste une nuit. « Une vraie femme ne ferme jamais les yeux. Ni sur ses convictions, ni sur la réalité. Embrume ton corps, égare ton esprit, et tout te sera volé. »

Une bouche au creux de sa joue et des mains autour des siennes –gantées, toujours-, et elle avance, et elle chemine et elle virevolte entre les mondanités et les invités, tous passables, tous communs, tous oubliables. Fantôme au milieu d’une masse informe et sans visage, âme vagabonde au sein d’une rivière de cadavres. Une vie caractérisée uniquement par un cœur battant, qu’une demi-existence, une mort rôdant à portée de souffle, la lame de la faucheuse goûtant déjà son dû du bout des lèvres.

Pandore était une statue, gravée, sculptée, modelée aux bons vouloirs de ceux qui l’imaginent, jouant à être humaine. Une marionnette de porcelaine et d’acier s’amusant à être vivante. Alors peinte de rouge, de cramoisi, de groseille, d’écarlate et de rouge elle avance, elle flotte et se glisse, et elle sent, elle sent cette chose qui court dans ses veines et dans son cœur. La fiole coule de sa poche et le liquide coule de la fiole et ça se dilue, et c’est tout. Lorsqu’elle s’éloigne et qu’elle danse au bras d’un inconnu –un mort qui ne le sait pas encore, sûrement- elle se dit que cette sensation ça fait partit d’elle, et pourtant pas vraiment, que c’est quelque chose qu’elle reconnait mais de loin, comme le parfum de sa mère qui traine dans un carton ou les vieux livres de-

C’était dans la sensation de chasser, de regarder avec son cerveau et pas avec ses yeux. Ça grondait avec elle et ça se nourrissait de vie alors qu’elle donnait la mort ; cette sensation grande et puissante et magnifique et dangereuse de faire partit d’un Tout bien plus sublime, d’un seul et unique assemblage splendide et homérique. Sa propre créature, son Frankenstein personnifié –une création qui la dévorait et l’embellissait, un monstre faisant pourrir son âme pour la rendre plus grandiose encore.

Les limites floues de son ivresse, grisée par l’alcool peut-être, mais bien plus soûl d’exaltation, le poison dans sa gorge –pas le liquide clair cette fois, mais la simple idée de l’avènement de son but lui donnait la même sensation de brulure et de chaud. Pandore était une ombre qui tournoie et qui virevolte, un poison mortel, la Mort elle-même. Pandore, elle a toujours préféré le vin au champagne, le vin rouge, rubis, bordeaux, grenat, rouge. Parfois, la nuit, Pandore rêve, elle rêve les yeux ouverts et l’esprit discipliné. Elle rêve d’une mer de vin qui s’étend à l’infini et d’un sable rouge et d’étoiles rouges. Un rouge qui brule et un rouge qui détruit, un rouge qui dévore. Et puis elle entre dans l’eau de vin et dans son rêve, elle se laisse engloutir, elle se laisse couler, elle laisse ce vin –ce sang- inonder ses poumons et sa bouche et son âme, et elle se sent bien.

Longtemps, Pandore avait perdu ce rêve de sa mémoire parfaitement docile. Elle l’avait oublié, quand Mère lui faisait la leçon, et elle l’avait oublié quand elle a fait ses études, et elle a oublié quand elle s’est mariée. Maintenant, son rêve s’infiltre dans la réalité, derrière ses paupières et devant ses rétines. Elle le voit parfois, quand elle retire ses gants, et elle imagine que ses mains sont rouges, et elle le voit quand elle regarde les autres –sur les cheveux, sur les gorges, sur leurs yeux, elle les voit rougeoyer et sombrer sous une mer écarlate.

Pandore, elle a une odeur de cerise et de rouille. Une odeur délicate et estivale et une odeur âcre et dure de guerrière. Parce que c’est ce qu’elle est, un peu, funambule hésitante entre le monde de soie et celui de sang. Il y a une voix au fond de son crâne, quelque part, logé près de sa nuque. Elle lui dit qu’une femme doit se taire et ne pas sourire et être forte. Elle écoute cette voix qui ne lui laisse pas de répit, elle la laisse la guider et pourtant, elle la hait un peu plus chaque jour. Pandore a eu des moments où elle voulait oublier –oublier Mère et la maison des fantômes et ses rêves et son propre nom, n’être qu’une existence, arrêter de vivre et de vouloir et de- mais maintenant, Pandore se rappelle. Elle se souvient. Alors Pandore sourit sans sourire et accepte une nouvelle coupe de champagne.
| Jeu 6 Sep - 1:11

Avery Lloyd

7 : 00pm
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La mélodie du réveil donnait pour la troisième fois. Un écran toujours allumé, un café refroidi sur le côté, un visage marqué par le clavier. J'émergeais d’un sommeil improvisé de quelques heures durant sa journée.

Il était 19h.


Bah elle sera toujours là-bas, par principe. J’ai le temps.

Mon t-shirt traversant le salon au vol, une douche froide et efficace pour réveil. Un coup d’œil dans le miroir, une main traversant une mer rouge pour se « recoiffer ». Maintenant quelle image adopter ? Trop classique et ton approche ne persuadera pas. Trop insolente et tu ne rentreras tout simplement pas. Un original suffisamment raffiné pour cette bande d’attardé fumés par la tune.

De quoi te faire voir sans voir qui tu es.

Un très long manteau et un bas blanc, une chemise et des ourlets bordeaux ? Ils s’en contenteront. Je sais parfaitement que je vais me faire chier la bas. J'établis un contact, et je me casse. Je ne passe pas plus de 2 minutes sans but la bas. Trop de risque de pourrir. Quelle voiture ? Une McLaren 720S, de la même couleur que cette chemise devrait le faire. J’en ai une à quelques kilomètres, à louer avec une fausse identité bien sûr.



7 : 33pm
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- Bonsoir, Monsieur ?
- Aaron.
- Je vous en prie.

Ils n'ont vraiment aucune sécurité sur leurs archives.

Une foule de haine, d’hypocrisie et de jalousie. Du noir, du blanc mais surtout beaucoup de gris. Un monde monochromatique, régit par l’argent et dénué de sens logique. Une soirée banale pour ces abruties d’images, pâles copies les unes des autres, toutes dirigées par la pensée commune de se faire une place toujours plus haut. « Tant mieux, leur chute n’en sera que plus fatale. ». Il avançait, parmi ces vagues de bijoux et de richesse exhibée. Chaque pas de plus, c’était un sourire parfaitement identique au précédent. Un rire creux. Une entente feinte.
Elle était là, ma sortie. Un visage en apparence semblable aux autres, qui cachait un autre type de haine. Une féroce envie de voir se teinter chacun de ces visages en rouges, et de voir leurs corps inertes peindre le sol de cette couleur impure. Mais ce ne serait pas encore pour aujourd’hui. Et il allait lui offrir une sortie, a elle aussi.
Ce fut vers un serveur je me dirigeai, attrapant son plateau pour se diriger ensuite vers cette âme écarlate, charmante demoiselle prête à vous exécuter dans l’ombre. Je lui tends le plateau, croisant son regard, alors Pandore sourit sans sourire et accepte une nouvelle coupe de champagne. Moi, je pose le plateau peu après, récupère une coupe à mon tour et me dirige vers la sortie. Je lui a laissé mon message, je sais qu’elle viendra, je l’ai prévenue lors de mon intrusion et c’est pour ça que je suis là.

Désormais il l’attend, sur l'un des balcons de la salle, sous la lune claire qui s'élève
| Sam 22 Sep - 22:41

Pandore Khamsin

Il y avait un bout de papier dans sa main et un verre dans l’autre –froid, un peu tiède après quelques secondes, et la fraicheur descendait le long de ses phalanges quand elle leva la coupe de champagne. Ses lèvres étaient humides autour du cristal et ses doigts manucurés roulèrent le mot en boule. Remise en place de la robe, faussement réajustée, le satin relevé sur sa poitrine généreuse et le papier glissé à l’intérieur, silencieusement, invisible. Moins de chance qu’il soit intercepté, impossible de le bruler au milieu d’une salle remplie. Le liquide d’or coule dans sa gorge et chatouille ses joues, ses papilles, sa langue et ses sens.

Il y a le frôlement de la soie contre ses jambes nues quand elle avance, et les claquements de ses talons sur le marbre gris, comme le balancement d’une pendule –régulier, patient, impartial, juste présent. Le verre est redéposé quelque part, entre deux buffets, perdu sur un plateau d’homard et de caviar, et les odeurs lui font tourner la tête. Le parfum hors de prix, l’alcool soyeux et la viande sanglante et les gens qui parlent et qui parlent et qui dansent –en une valse qui ressemble à une orgie, parce que tout le monde est trop proche, trop pressé, trop collé, et Pandore garde son calme mais elle suffoque dans son corset d’acier.

L’air extérieur est comment l’enfer et le paradis, le vent est frai et violent mais il refroidi son corps reptilien, et elle se sent chez elle dans cet air de glace. Il y a un frisson qui grimpe le long de ses bras et de sa colonne, et elle regarde un instant la chaire de poule écailler sa peau immaculée. La robe fait comme une trainée de sang sur son épiderme opale, et elle avance dans les jardins comme si le lieu était le sien –impérieuse, souveraine. Il y a un goût métallique sur son palais et des fourmillements dans ses doigts –l’envie d’agir, l’impatience, ravalée et enterrée, juste pour laisser une façade impassible de régente. Ses chaussures s’enfoncent un peu dans la terre humide, et elle navigue entre les buissons et les rosiers comme un serpent, muette, souple, habile.

Il y a un homme là-bas, et ses cheveux rouges sont comme les siens –une flamme dans l’obscurité, comme un coucher de soleil écarlate dans l’infinie noirceur de la nuit, et elle sait qui il est sans voir son visage. Elle s’approche, sans appréhension et sans peur parce qu’elle est une femme de pouvoir et une guerrière sous la lueur des quelques étoiles, et la lune leur donne des reflets de neige, de revenant. Mais ça fait bien longtemps que Pandore ne croit plus aux fantômes.
| Jeu 25 Oct - 19:49

Avery Lloyd

7 : 00pm
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Mes cheveux dansaient, une balade de feuilles d’automnes en ce vent frais de fin d’été. Une valse de carmin dans cette soirée fade.
Dans une réalité plus objective, il y avait juste du vent. Celui-ci était certainement froid et désagréable pour beaucoup, mais appréciable pour quelques-uns, j’aurais plutôt été du genre a l’apprécier dans un autre décor et avec d’autres personnes.
Je parcourais les jardins en attendant que mon centre d’intérêt pour cette soirée fasse son apparition. Lorsqu’elle sortait de la salle principale, un nouveau rouge, plus pourpre, entrait sur cette scène dans laquelle je jouais seul jusqu'à maintenant. Elle ne mit pas longtemps à me rejoindre, se faufilant entre les allées de fleurs avec aisance et assurance. Elle m’aborda sans attendre.
- Une belle nuit, n’est-ce pas ?
- Je n’en avais que rarement vu d’aussi horrible.
J’interrompais volontairement le dialogue afin de me placer face à elle, croiser son regard et la saluer comme il se le devait. Je ne pouvais nier l’éclat de son regard. Des yeux qui certes voulaient voir toutes les personnes ici présentes dans une mare de sang, et qui sait si j’en faisais exception, mais d’une profondeur incroyable.
- Mon nom est Lloyd, Avery. Et vous êtes certainement plus intelligente que cela mais au cas où vous aviez envisagé de me supprimer, sachez que si je ne rentre pas chez moi, tout ce que j’ai vu sera dévoilé a plusieurs personnes au moins aussi sympathiques que celles présentes ce soir.
J’entreprends alors de baiser sa main, qui sans surprise était déjà attaquée par la température tombante de la nuit. En me relevant, je sortais de ma poche la paire de gants bordeaux, coïncidant par ailleurs aux couleurs qu’elle portait.
- Voulez-vous mes gants peut-être ?
Sa sérénité dans cette situation était louable, puisqu’elle ne connaissait aucunement mes intentions, et ma curiosité grandissait d’avantage. Autant se lancer sans plus attendre.
- Vous n’avez apparemment pas beaucoup de chance. Je vis quasi exclusivement du manque de sécurité, ou plutôt de protection, dans le domaine informatique. A la base, j’avais choisi ce centre de recherche seulement pour en extorquer quelques fonds. Cependant, en tentant de parvenir à mon but, j’ai remarqué qu’il y avait une structure qui ne répondait pas a la même logique que le reste. La lecture fut alors particulièrement intéressante.
J’entrais alors quelques commandes sur mon portable, et le sien vibra brièvement.
- Je vous en prie, c’est par le biais de cette interface que nous viendrons a communiquer de ce qui importe le plus. Tout y est entièrement crypté et sécurisé, pour plus de …

- Monsieur Aaron ? Le problème que vous avez fait remarquer au niveau du placement des invités a été réglé.
- Je vous en remercie.
La personne du service s’éclipsa alors et je repris.
- Peut-être serions-nous désormais plus a notre aise a l’intérieur ?
Une fois installé, j’ouvris la fenêtre de discussion.
N’hésitez pas a posez vos questions, il serait surprenant de ne pas en avoir.
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